Un OVNI architectural qui ne fait pas l'unanimité

E.B.

— 

Jusqu'au XVIe siècle, Mériadeck n'était qu'un vaste marais bordant la ville. Au XIXe siècle, échoppes et habitations y côtoient bars et maisons closes dans une ambiance cosmopolite. En 1955, le maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas, décide de raser les lieux et de lancer la rénovation du quartier. Hugues Martin, adjoint d'Alain Juppé, qui fut tour à tour adjoint de « Chaban », son suppléant à l'Assemblée nationale et l'un de ses vice-présidents à la CUB, se remémore l'époque des grands travaux : « En 1971, quand je suis arrivé, le chantier était déjà bien commencé. Il avait été décidé de raser le quartier insalubre et sans valeur historique pour y bâtir un projet avant-gardiste, concentrant tous les services publics, avec un îlot vert sur 4 hectares ». Mais aujourd'hui encore, l'enthousiasme n'est guère de mise chez les Bordelais, malgré le classement de Mériadeck à l'Unesco en 2007. « C'est une verrue! », déclare Claude, 57 ans, qui se souvient de « quelques images fugaces du vieux quartier avec ses camelots ». Marina, employée à l'accueil de l'hôtel Mercure, en plein cœur du quartier, ne semble guère apprécier non plus l'esthétique des « gros blocs de béton ». La jeune femme explique que « pour compenser les décors extérieurs qui n'enthousiasment pas la clientèle, l'hôtel multiplie les offres de services et joue sur l'argument de la proximité du centre-ville ».