Un quartier plus utilitaire que désirable

Éric Bordage

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Mériadeck fait partie de l'héritage légué aux Bordelais par le prédécesseur d'Alain Juppé, Jacques Chaban-Delmas. Sa construction a été décidée en 1955, en lieu et place d'un quartier populaire. Aujourd'hui, il abrite un centre commercial et administratif. Depuis 2007, cet ensemble très seventies est classé au patrimoine mondial.
Mériadeck fait partie de l'héritage légué aux Bordelais par le prédécesseur d'Alain Juppé, Jacques Chaban-Delmas. Sa construction a été décidée en 1955, en lieu et place d'un quartier populaire. Aujourd'hui, il abrite un centre commercial et administratif. Depuis 2007, cet ensemble très seventies est classé au patrimoine mondial. — S. Pouzet / 20 minutes

Au cœur d'un ensemble désormais classé dans la catégorie « architecture des années 1970 », le centre commercial Mériadeck a connu des périodes fastes et d'autres moins. Le quartier, à l'origine destiné à loger avec plus ou moins de succès des milliers de familles, est aussi devenu l'un des poumons administratifs de Bordeaux, concentrant 15 000 postes du tertiaire.
Créé en 1980, le centre commercial a tenu trois décennies et connu de multiples visages. A l'époque, l'implantation d'un hypermarché de la taille d'Auchan en centre-ville était une première en France sur le plan de l'urbanisme commercial. Boutiques et hypermarché emploient aujourd'hui 978 personnes.

14 millions de visiteurs par an
« Cet ensemble de commerces a connu une dizaine d'années florissantes, puis la progression a été confrontée à la montée en puissance des concurrents de la périphérie et au vieillissement de son architecture, jusqu'à une mue significative au terme de vingt ans d'existence », raconte Stéphane Psomiadis, le directeur du centre commercial. Dernière réalisation en date, l'îlot Bonnac, une résidence de standing, dotée d'une galerie marchande baptisée « Passages Mériadeck ». Ses 7 500 m2 à l'architecture contemporaine, répartis sur deux niveaux, créent un lien entre le quartier et le centre-ville. Dix enseignes y sont installées. Au total, outre la locomotive Auchan, c'est aujourd'hui une centaine de boutiques qui occupent les 43 000 m2 du centre commercial Mériadeck et de son extension.
Environ quatorze millions de visiteurs – dont 85 % de Bordelais – en arpentent chaque année les allées. La clientèle est essentiellement féminine. Nathalie, 35 ans, est une habituée, « surtout depuis l'arrivée du tramway ». Elle vient de la rive droite y faire ses courses : « C'est plus facile pour moi de venir ici depuis Cenon. Le tram me dépose juste à l'entrée de la galerie marchande ». Si l'âge moyen du client est de 36 ans, il « est essentiellement représenté par des familles monoparentales », observe Stéphane Psomiadis. « Pour les gros volumes d'achat, les gens préfèrent les centres commerciaux de la périphérie. Mais, depuis 2006, on constate un regain d'affluence, dû à l'augmentation de la population. Bordeaux gagne chaque année 3 500 nouveaux habitants », rappelle le directeur du centre.