Maire un jour, ministre toujours

Marion Guillot

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Alain Juppé renoue avec le cumul.
Alain Juppé renoue avec le cumul. — S. POUZET / 20 MINUTES

Alain Juppé sera resté maire à plein-temps un peu moins de trois ans et demi. Ce qui, pour une promesse politique, peut paraître court et long à la fois. La nomination du maire UMP de Bordeaux, hier soir, au poste de ministre d'Etat, de la Défense et des Anciens Combattants, à la place d'Hervé Morin, officialise son retour sur la scène politique nationale. Président de la commission du grand emprunt 2010 avec Michel Rocard depuis juillet 2009, l'ex-Premier ministre ne cachait plus son envie de s'investir à nouveau dans les affaires de l'Etat.

Rassurer les Bordelais
Depuis sa défaite aux législatives de juin 2007, face à Michèle Delaunay (PS), et la perte dans la foulée du ministère de l'Ecologie, Alain Juppé s'était consolé avec son mandat de maire. En avril 2009, il s'était même prononcé contre le cumul et avait promis aux Bordelais de se consacrer pleinement à sa ville. Mais l'annonce du remaniement ministériel par Nicolas Sarkozy, en mars dernier, a changé la donne. A la rentrée, le nom d'Alain Juppé a commencé à circuler. Tour à tour pressenti aux Affaires Etrangères, aux Affaires sociales et à la Défense, le maire de Bordeaux n'a pas cherché à faire taire les rumeurs. Il s'est même déclaré « prêt » à rejoindre le gouvernement si on le lui demandait. La situation économique et sociale de la France lui a servi de justification. Si de nombreux Bordelais y voient une bonne chose, notamment pour le secteur aéronautique-défense, qui pèse lourd en Aquitaine, ce revirement risque de lui coûter la confiance d'une partie de l'électorat. « J'espère avoir démontré que je peux faire les deux choses, a tenté de rassurer Alain Juppé, samedi. Je vous rappelle que j'ai été Premier ministre – ce qui est plus que d'être ministre –, président de la communauté urbaine et maire, et c'est le moment où tous les grands projets bordelais qu'on voit aujourd'hui réalisés ont été lancés [entre 1995 et 1997] ». « J'aime profondément cette ville, je suis élu maire jusqu'en 2014 et il n'y aucune raison qu'il y ait rupture. » Lire aussi pages 6 à 11

Réaction

La rivale socialiste d'Alain Juppé, Michèle Delaunay, qui lui a ravi son siège de député en 2007, a dénoncé hier « un humiliant feuilleton », faisant référence au remaniement ministériel.