« La prison sépare plus qu'elle n'éloigne »« Cibler l'action des médicaments dans les zones malades »« Les arbreset le changement climatique »« Des étoiles plus lourdesqu...

M. G.M. G.M. G.M. G.

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S. Pouzet / 20 MINUTESS. Pouzet / 20 MINUTESS. Pouzet / 20 MINUTESS. Pouzet / 20 MINUTES

Olivier Milhaud
Docteur en géographie
« J'ai étudié la géographie des prisons en France et j'ai relevé plusieurs contradictions. Je pensais que le but était de mettre les gens loin, mais quand on étudie la carte pénitentiaire, on se rend compte que les prisons ne sont pas le bagne. Elles sont souvent situées en périphérie des grandes villes. C'est leur fonctionnement qui rend le lien avec les familles difficiles : les horaires de parloirs sont très restreints et le téléphone encore très peu répandu en France, contrairement à d'autres pays. A l'intérieur, les détenus m'ont beaucoup parlé de la solitude. En fait, l'espace carcéral est fait pour subdiviser les groupes, afin d'éviter les révoltes. Au final, on ne cherche pas à mettre les gens le plus loin possible, mais à les séparer.»Anne-claire Le Meur
Docteur en chimie

des polymères
« Je suis heureuse que mon travail ait été récompensé, car c'est une reconnaissance supplémentaire après la soutenance. Cette thèse est une collaboration entre deux laboratoires de Bordeaux-I et une entreprise. Elle avait pour objectif de répondre aux problématiques actuelles de l'industrie pharmaceutique, à savoir le contrôle du relargage de principes actifs [la partie efficace du médicament] dans le cadre du traitement du cancer ou d'autres pathologies. Il s'agit de cibler l'action des principes actifs uniquement au niveau de la zone malade. On a donc créé un petit moyen de transport, par la circulation sanguine, qui permet d'amener le principe actif à l'endroit voulu. Reste à trouver un stimulus qui commandera le relargage. »Yann Vitasse
Docteur en écologie
« J'ai effectué ma thèse à Bordeaux-I, en collaboration avec l'INRA. Je me suis intéressé à la phénologie des arbres, autrement dit leur cycle de floraison et leur durée de végétation, en lien avec le climat. Avec le réchauffement climatique, on peut s'attendre à un allongement de cette durée de végétation et à une productivité en feuilles plus importante selon les espèces. J'ai observé les arbres de deux vallées pyrénéennes, Ossau et Gavarnie. Le but était d'utiliser un gradient d'altitude [une variation], pour pouvoir simuler un changement de température et prédire les évolutions futures. Les feuilles devraient apparaître plus tôt et les distributions d'espèces être modifiées. Le chêne vert est déjà en train de coloniser la région et le hêtre se raréfie dans les Pyrénées. » Lucas Guillemot
Docteur en astrophysique
« J'ai réalisé ma thèse au centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan. Je me suis intéressé aux pulsars milliseconde, un certain type d'étoiles qu'on ne connaît que depuis quarante ans. Elles sont toutes petites, comme Paris et sa région, mais plus lourdes que le soleil. Ce sont les objets les plus denses de l'univers, après les fameux trous noirs et on ignore encore leur nombre. Ces objets ont des propriétés qu'on ne pourra jamais reproduire sur Terre. Par exemple, leur densité et leur champ magnétique sont colossaux. Ils constituent de vrais laboratoires pour les physiciens. Les pulsars nous aident aussi à mieux comprendre l'évolution de l'univers, car ils subsistent après les explosions d'étoiles. Pour détecter ces objets, j'ai utilisé le satellite Fermi. »