Les magasins Auchan du Sud-Ouest à la diète

Marion Guillot

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La plateforme logistique de Carbon-Blanc est restée bloquée toute la matinée, hier.
La plateforme logistique de Carbon-Blanc est restée bloquée toute la matinée, hier. — S. POUZET / 20 Minutes

Quatorze hypermarchés Auchan et trois « drive » bloqués pendant quinze heures. L'action coup-de-poing lancée dimanche soir, à 21 h 30, par une vingtaine de syndicalistes, à la plateforme logistique de Carbon-Blanc, s'est achevée hier midi. Opposés à la réforme des retraites, ils avaient déjà bloqué la semaine dernière le terminal d'Ambès, où sont stockés les hydrocarbures.

Prochaine cible : l'aéroport
Réunis une nouvelle fois en intersyndicale (CGT-FO-FSU-SUD-CNT) et en interprofession (routiers, enseignants, électriciens, agents territoriaux...), ils ont ciblé la grande distribution. « C'est la plus grosse plateforme de produits frais du grand Sud-Ouest », rappelle Pierre Magne, délégué FO Transports Gironde. Au portail, trois contrôleuses préparatrices se tiennent au courant de l'évolution du blocage. « On est au chômage technique ! Aucun camion ne sort, ni ne rentre depuis hier soir. Toutes les livraisons du week-end sont là ! » montre Florence, le doigt braqué sur les entrepôts. Avec ses collègues, elle se dit « solidaire » du mouvement. « On accepte, y a pas de souci. C'est surtout pour Auchan que c'est gênant... » note-t-elle avec un brin d'ironie.
En fin de matinée, une quinzaine d'enseignants grévistes des établissements de la rive droite rejoignent les bloqueurs. « Ce n'est pas une question de secteurs, c'est un problème de société », relève Nadine, prof de Lettres au lycée des Iris de Lormont. Le blocage sera finalement levé à la mi-journée, avec pour objectif de bloquer l'aéroport dès 5 h 30 du matin, ce mardi. Des actions qui ciblent l'économie, « pour se faire entendre du Medef et de la bande du Fouquet's », résume Jérôme Juge, secrétaire général de FO Transport Logisitique. « Le gouvernement souhaite nous essouffler et méprise ceux qui ne sont pas d'accord avec sa réforme, poursuit-il. Nous voulons leur montrer que ce n'est pas une méthode. Remettre les compteurs à zéro, c'est grandir en politique ».

Carburants

La Gironde, épargnée par la pénurie ? Hier, selon la préfecture, aucune station-service n'était à sec dans le département. Mais sur Internet, un site spécialisé dans le recensement des stations en rupture de carburant faisait état hier soir d'une quinzaine de fermetures. Dans les zones rurales, la situation était plus tendue encore. Hier, plusieurs stations des Landes, du Gers et de Charente étaient à sec. Et en Dordogne, la distribution était limitée à une certaine quantité.