Nicolas Sarkozy offensif sur la réforme

Eric Bordage

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Nicolas Sarkozy : « Je ne suis pas un obsédé de la réforme. »
Nicolas Sarkozy : « Je ne suis pas un obsédé de la réforme. » — S.Pouzet/20 Minutes

« Comment ne pas être impressionné par le gigantisme du laser mégajoule plus long qu'une tour Eiffel? Imaginez la puissance de deux centrales nucléaires dans une cible millimétrique! ». Nicolas Sarkozy inaugurait hier matin au Barp le bâtiment du Commissariat à l'énergie atomique qui accueille le laser mégajoule, futur lieu de simulation des essais nucléaires militaires français. Opérationnel en 2014, le site, composé de 174 faisceaux laser, aura coûté 3 milliards d'euros. L'occasion était belle pour le chef de l'Etat de tirer une salve contre l'immobilisme: « Je ne suis pas un obsédé de la réforme mais j'ai la responsabilité de conduire la cinquième puissance du monde... » a martelé Nicolas Sarkozy devant un parterre de scientifiques.

« Le devoir d'agir »
Sans jamais évoquer directement le bras de fer engagé sur les retraites. Le chef de l'Etat a précisé : « Nous ne pouvons pas fermer les yeux devant les déficits. Notre devoir c'est d'agir avec justice mais d'agir ». Au même moment, pour la première fois, les dépôts de carburant bordelais étaient à leur tour bloqués. Saluant au passage le « dynamisme du président de l'université Bordeaux I, Alain Boudou qui a su établir sur le site du CEA un laboratoire commun avec le CNRS » Nicolas Sarkozy a défendu le principe du crédit d'impôt recherche (4 milliards d'euros) « qui ne sera pas touché même si certains font remarquer que cela coûte cher ». Le président de la République a longuement vanté les mérites de la réforme des universités : « Depuis trois ans elles ont vu leurs moyens de fonctionnement augmenter de 18%. Des choix budgétaires amplifiés par l'opération Campus, dotée de 5 milliards d'euros pour la rénovation de 10 sites universitaires ». Objet des attentions de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, arrivé dans l'avion du chef de l'Etat après un entretien à l'Elysée mercredi n'a apporté aucun éclaircissement sur sa possible entrée au gouvernement, toujours classée « secret défense ».

Désaccords

Présent lors du discours de Nicolas Sarkozy, le président socialiste de la région Aquitaine, Alain Rousset, entendait nuancer: « On ne peut que se réjouir des efforts en faveur de l'enseignement supérieur.Lorsque le président évoque les 5 milliards d'euros il ne s'agit pas de cash mais des dividendes de la privatisation d'EDF ». Sur le dossier des retraites Alain Rousset a stigmatisé une réforme « faite pour servir la partie la plus rétrograde du patronat ».