Les facs hésitent à rejoindre le mouvement

O.D.

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Assemblée générale des étudiants à Bordeaux-III, la semaine dernière, à Pessac.
Assemblée générale des étudiants à Bordeaux-III, la semaine dernière, à Pessac. — S. POUZET / 20 MINUTES

« Le pouvoir n'aime pas que la jeunesse soit dans la rue. » Face à une petite soixantaine d'étudiants réunis en assemblée générale, la semaine dernière, à Bordeaux-III, Jean-Marie, secrétaire régional à la CGT, essaye de mobiliser les troupes. Alors que les facs commencent tout juste à réagir pour la défense des retraites, les syndicats ont du mal à convaincre les jeunes à s'engager contre la réforme et à venir manifester demain.

Des étudiants hésitants
Pourtant, le syndicat étudiant Unef, qui compte 700 adhérents bordelais et a rejoint le collectif jeunes contre les retraites, tente d'être pédagogue et d'expliquer les enjeux de cette mobilisation. « Le recul de l'âge de la retraite est synonyme de précarité pour les jeunes car il y aura moins d'emplois pour nous », soulignent ses représentants lors des AG. « Et comme l'âge moyen pour entrer sur le marché du travail est de 27 ans, nous allons devoir travailler jusqu'à 67 ans ! » « Nous sommes mal informés », ajoute Sandra Carvalho, présidente de l'Unef. « Nous devons montrer qu'il se passe quelque chose, être plus visibles. » La semaine dernière, un barrage filtrant et une distribution de tracts ont été organisés, pour inciter les jeunes à se mobiliser. « Mais hormis les quelques étudiants politisés, ceux qui appellent « à la grève générale » ou encore les nostalgiques du CPE (contrat première embauche), peu d'étudiants souhaitent s'exprimer sur le sujet. « On ne sait pas trop à quoi les gens s'opposent, reconnaît Laetitia, en première année de musique. Je suis consciente qu'il s'agit de mon avenir, mais je trouve que nous sommes mal informés ». Pas d'inquiétude pourtant du côté des partis politiques : « Le milieu étudiant peut se mobiliser vite », estime Charlie du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). « On a déjà vu ça pour la loi LRU (relative aux libertés et responsabilités des universités), en une semaine et demie, la fac était bloquée ».