La revue girondine tourne en chine

Marion Guillot

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Le spectacle « Chimères » a été vu à Gauriaguet par quelque 180 000 personnes.
Le spectacle « Chimères » a été vu à Gauriaguet par quelque 180 000 personnes. — J.-P. MULLER / AFP

Il n'y a pas que le vin de Bordeaux qui s'exporte en Chine : il y a aussi le music-hall « made in Gironde ». Depuis quelques jours, une trentaine d'artistes et techniciens du cabaret l'Ange Bleu, à Gauriaguet, sont en tournée dans l'Empire du milieu. Ils doivent y séjourner trois mois, le temps d'assurer une soixantaine de galas. Situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Bordeaux, au bord de la nationale 10, l'Ange Bleu fait la notoriété de la petite commune de Gauriaguet depuis 1997. Plus grand cabaret de France, il compte deux salles de restaurant-spectacle de 1 200 et 400 places.

Préféré au Moulin Rouge et au Lido
En concurrence avec le Moulin Rouge, le Lido ou encore le Royal Palace de Kirrwiller en Alsace, c'est l'Ange Bleu qui décroché la timbale. Il faut croire que son spectacle « Chimères », présenté depuis deux ans à Gauriaguet et vu par quelque 180 000 personnes, a tapé dans l'œil des producteurs chinois. Mais de nombreuses adaptations ont été nécessaires. La durée du spectacle a été presque divisée par deux, passant de deux heures à une heure et demie. Les clients ont également exigé que dix-huit danseuses au lieu de sept évoluent sur scène. Il a aussi fallu revoir les costumes, les seins nus étant proscrits, « sauf lorsque les danseuses se découvrent en dansant », précise Alexandre Duvollet. Au total, neuf mois de travail ont été nécessaires pour répondre aux attentes des Asiatiques.
Enfin, la tournée chinoise de « Chimères » a nécessité une trentaine d'embauches pour permettre au cabaret de continuer à présenter son nouveau spectacle « Vie d'artistes », trois à cinq fois par semaine, à Gauriaguet.