Le médecin rwandais sera fixé le 19 octobre

Eric Bordage

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« Je demande à être jugé en France », a déclaré le docteur Munyemana.
« Je demande à être jugé en France », a déclaré le docteur Munyemana. — S.Pouzet/20Minutes

« Nous sommes ici pour la troisième fois. Depuis huit mois, mon client a une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Je m'oppose à tout nouveau renvoi ! » a déclaré hier Me Florence Bourg, l'avocate de Sosthène Munyémana, devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux. Le médecin rwandais, qui habite dans la région bordelaise et exerce depuis huit ans aux urgences de l'hôpital de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), est sous le coup d'un mandat d'arrêt international délivré par Kigali qui l'accuse d'avoir participé au génocide qui a fait, selon l'ONU, 800 000 morts.

Un nouveau renvoi rejeté
Pour Me Bourg, la justice française ne peut extrader son client dans un « pays au régime dictatorial où, même si la peine de mort est officiellement abolie depuis 2007, on condamne les gens à vingt ans dans une cellule à l'isolement sur de simples témoignages et l'on met les avocats en prison ». A ce jour, le tribunal pénal international pour le Rwanda s'est toujours opposé aux extraditions de pays tiers, la justice française allant dans le même sens. Ainsi, le 15 septembre, elle a refusé d'extrader le docteur Rwamucyo, également soupçonné de participation au génocide rwandais.
Malgré les pièces complémentaires fournies en août par Kigali, l'avocat général, Jacques de Fos Du Rau, a demandé hier un nouveau renvoi, refusé par le président de la cour d'appel qui a mis le jugement en délibéré au 19 octobre. « Je ne veux pas être jugé au Rwanda car c'est un pays de non-droit », a déclaré au sortir de l'audience Sosthène Munyemana : « Je demande à être jugé en France. J'ai déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et il faudra que certains rendent des comptes ».