A 46 ans, Eric a connu de nombreuses galères pour trouver un lieu où dormir.
A 46 ans, Eric a connu de nombreuses galères pour trouver un lieu où dormir. — Serge .Pouzet/20 minutes

Bordeaux

Le centre d'accueil Leydet affiche complet

SDF Le collectif 33 des acteurs de l'urgence sociale a lancé hier soir un appel à la mobilisation

A 46 ans, Eric a connu un parcours difficile. Il nous présente sa chambre au centre d'accueil d'urgence de la rue Leydet : un lit et un coin d'armoire dans laquelle il a posé son maigre bagage, « deux pantalons et mes boîtes de calmants ». La rue, il connaît pour y avoir dormi à plusieurs reprises ces dernières années: « Quand on appelle le 115 d'une cabine, il faut attendre une heure sans être sûr du résultat. Il m'est arrivé d'avaler deux plaquettes de médicaments pour être transporté aux urgences et dormir au chaud ».
Ici et ailleurs, on refuse du monde : « 128 demandes n'ont pu être satisfaites mardi soir sur la CUB. C'est beaucoup et nous ne sommes que le 29 septembre… » A l'image de l'ensemble des représentants de l'aide sociale aux sans-abri, qui ont lancé un appel à la mobilisation hier, Isabelle Nérault, la directrice adjointe du centre de la rue Leydet s'inquiète du nombre de personnes en grande précarité : « Entre le 1er janvier et le 4 septembre, 4 217 ménages ont demandé un hébergement d'urgence au 115 soit 8,35 % de plus qu'en 2009. A Bordeaux, des enfants, scolarisés ou non, dorment dehors ».

Des structures d'insertion
Dans sa chambre qu'il partage avec un autre SDF, Eric envisage l'avenir : « J'ai trois filles. Je ne veux pas qu'elles me voient comme ça. J'ai besoin d'être aidé avant de retourner à la vie normale ». Cela passe par des structures adaptées : « Il faut créer des places d'insertion qui permettent un retour progressif vers une vie en société car nombre des personnes que nous accueillons ont des problèmes psychiatriques. Il faut aussi des structures de soins », précise Isabelle Nérault.
A la veille de l'appel lancé hier, la préfecture de la Gironde rappelait mardi soir que « 300 000 € supplémentaires avaient été attribués aux associations ». Pas suffisant pour les intéressés qui évoquent « un engagement pris précédemment pour compléter la dotation 2010. Tout juste de quoi finir l'année. Après… ».

suivi obligatoire

« Nous accueillons des personnes de 18 à 85 ans, explique Mathieu, assistant social. Certains viennent nous rencontrer d'eux-mêmes. Pour les autres, c'est à nous d'établir le contact. Certains sortent d'hospitalisation, d'autres ont été incarcérés, d'autres encore sont en rupture familiale. Les parcours sont multiples. Beaucoup ont des problèmes d'addiction mais le plus grand nombre présente des troubles psychiques qui nécessitent une prise en charge. »