Les gays et le sport ne font pas bon ménage

orianne dupont

— 

Depuis ce mois-ci, les incivilités racistes ou homophobes sur les terrains sont recensées.
Depuis ce mois-ci, les incivilités racistes ou homophobes sur les terrains sont recensées. — J-C. VERHAEGEN / AFP

« Je n'ai jamais été victime d'insultes, mais je me suis rendu compte que les attitudes homophobes étaient fréquentes : on tient des propos durs sur les lesbiennes, on refuse de prendre sa douche avec une fille si on sait qu'elle est homosexuelle... » Pour Anaïs, une ancienne volleyeuse, les résultats de l'étude menée par le cabinet bordelais  MB sur les attitudes homophobes (lire ci-dessous) se vérifient tous les jours sur les terrains.

« Il vaut mieux se taire »
Même constat pour le rugbyman aquitain Serge Simon : « Dans le vestiaire, on se répétait tout le temps qu'on n'était pas des mauviettes, l'homophobie est dans la culture du sport. » Rares sont ceux qui assument leur homosexualité, « par crainte », confie Anaïs et certains préfèrent même arrêter la pratique. L'an dernier, Yoann Lemaire,footballeur dans un club amateur des Ardennes, a osé « pour ne plus avoir à faire semblant ». Et aujourd'hui, il n'a plus de licence. « J'ai reçu beaucoup de messages de sportifs gays qui se sentent mal, indique-t-il, et malheureusement, ma situation montre bien qu'il vaut mieux se taire... »
Le manque de tolérance ou « l'ignorance », préfère Yoann, de certains dirigeants ou entraîneurs favoriseraient cette homophobie. « J'aurais aimé en discuter avec un entraîneur, reconnaît Anaïs, mais sur la dizaine que j'ai eue, un seul est venu vers moi : ils ne sont pas sensibilisés ». Jusqu'ici, il n'existait pas de mesure de prévention en Aquitaine. Aujourd'hui, la direction régionale de la jeunesse des sports et de la cohésion sociale recense les incivilités racistes ou homophobes dans le foot, le rugby, le handball et le basket afin de mettre en place des actions.