Le TGV n'épargnera pas les Graves ni Préchac

Marion Guillot

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Le projet de ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV-SEA) a franchi hier un nouveau cap. Le fuseau de 1 000 mètres de large, dans lequel s'inscrira le tracé définitif des sections Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse a été validé hier. En Gironde, des « ajustements » ont été consentis pour limiter les impacts.
Dans le vignoble des Graves, où une dizaine de propriétés sont touchées par la LGV, la colère monte : « On attend d'avoir une carte précise, mais on sait que des propriétés seront endommagées », s'indigne le président du syndicat viticole, Dominique Haverland. Il s'étonne que le fuseau choisi ne suive pas le tracé de l'autoroute A 62. Pour lui, aucun doute : « C'est un choix politique ». « Et quand le préfet affirme que seules deux propriétés seront touchées, il est de mauvaise foi ». Mesuré jusqu'ici, le président se dit même prêt à rejoindre les associations d'opposants à la LGV.
Autre secteur touché : Préchac, petite commune forestière de 1 017 habitants, au nord de Captieux. Une centaine de maisons étaient incluses dans le fuseau précédent. « Finalement, on va s'écarter un peu du centre-ville », indique le préfet de région, Dominique Schmitt. La contre-proposition présentée par le maire, Sandra Barot, après avoir consulté ses administrés, a donc été suivie. Elle reste néanmoins vigilante : « Cette bande de 1 000 mètres est un moindre mal mais à l'intérieur, il y aura différentes options. Tant qu'on n'aura pas le tracé définitif, je resterai mobilisée ».
Les tractations pour le financement de la LGV-SEA, évaluée à 16 milliards d'euros et prise en charge à 50 % par les collectivités, ont également progressé hier : le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo, présent à Bordeaux, s'est engagé à reformuler la clause de garantie, à la demande des collectivités de la région Midi-Pyrénées. Sollicitées à hauteur de 211 millions d'euros pour Tours-Bordeaux, elles craignaient de ne pas récupérer les fonds au cas où le chantier de la section Bordeaux-Toulouse ne démarrerait pas dans la foulée. « Nous avons toujours été prêts à financer Tours-Bordeaux, si la desserte de Toulouse était assurée », a rappelé Martin Malvy, président de région, plutôt satisfait à l'issue de la réunion.
Il reste à signer le plan de financement définitif, d'ici la fin de l'année espère le préfet, pour un début des travaux en 2011 et une mise en service de la section Tours-Bordeaux en 2016.