Le quartier Libération se métamorphose

elsa provenzano

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Les habitants du quartier Libération sont venus nombreux assister aux premières démolitions effectuées par grignotage du bâtiment.
Les habitants du quartier Libération sont venus nombreux assister aux premières démolitions effectuées par grignotage du bâtiment. — s.pouzet / 20 minutes

« Ma fille est née dans cet appartement il y a 29 ans », lance Marie-Pascale Lafourcade qui habite encore le quartier Libération. « Moi, j'ai habité au 4e étage de cet immeuble jusqu'à mes 18 ans » murmure Saïda, émue aux larmes, en montrant le bâtiment grignoté par la pince de la tractopelle, samedi lors d'une démonstration de démolition à laquelle les habitants étaient conviés. Ils ont aussi assisté à la pose de la première pierre de la future résidence Jean-Marais, sur ce même site. Les Floiracais sont associés au projet de rénovation urbaine du quartier populaire Libération, très touché par le chômage.
Les démolitions concernent trois barres de logements collectifs, construites dans les années 70, et deux petits immeubles du quartier Libération. soit 532 logements. Les deconstructions s'achèveront en novembre 2011 et la transformation complète du quartier, qui comprend aussi des espaces publics comme la future esplanade des libertés, se terminera à l'horizon 2014. Les futurs bâtiments n'excéderont pas quatre étages.

70 contrats de travail
« Il s'agit d'améliorer le quotidien des habitants et aussi d'attirer de nouveaux venus », explique Valérie Jbali-Duchaillut, chargée de la communication et de la concertation auprès des habitants pour la ville de Floirac. Le quartier s'est déjà transformé : le centre commercial et deux écoles ont été rénovés et un centre culturel, baptisé M270, a été créé. « Il s'agit d'intégrer ce quartier à la ville en créant par exemple un nouveau collège qui accueillera 600 élèves à la rentrée 2011», souligne Valérie Jbali-Duchaillut.
Afin de favoriser l'insertion des jeunes floiracais demandeurs d'emploi, 5 % des heures de chantier leur sont réservées, ce qui représente 70 contrats sur l'ensemble de la période des travaux. Un comité partenarial a été mis en place, en lien avec le PLIE ( Plan local d'insertion et d'emploi) pour assurer un suivi de leur parcours professionnel.
Les habitants sont relogés progressivement depuis 2006 dans des appartements neufs et anciens gérés par le bailleur Aquitanis. Les candidats au relogement peuvent d'ailleurs exprimer leurs besoins en fonction de leur projet de vie et de leur budget.

« Ce sera mieux, plus joli »
« Les travailleurs sociaux et la conseillère au relogement de la ville proposent un accompagnement social dans ce processus », précise Denis Rouillon, chef de projet à la politique de la ville et chargé de la rénovation urbaine.
Les habitants, comme Marie-Pascale Lafourcade, approuvent en général ce plan de rénovation : « Ce sera mieux, plus joli. » Sa mère, Michèle Gaud, qui vit depuis 38 ans dans le quartier, se montre plus inquiète : « Je ne sais pas si je vais réussir à m'habituer». Pour autant, les enquêtes de satisfactions sur le relogement sont bonnes.