Les bus du fleuve refont surface sur la Garonne

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Aller au travail, tout en profitant de l'air marin et de la vue qu'offre Bordeaux. Une nouvelle conception du transport en commun. C'est celle de Philippe Dorthe, conseiller régional et général PS et passionné de la navigation, qui vient de relancer son association à l'origine du projet, Amarrages. Il le répète depuis quinze ans : « Ce mode de transport fut la tradition à Bordeaux il y a plusieurs décennies. Aujourd'hui, ça animerait le fleuve, et sur certains trajets on gagnerait beaucoup de temps. »

Une piste étudiée par la CUB
L'élu vient de ficeler un nouveau projet, cohérent avec le réseau de transports en commun existant. Il s'agirait de mettre en place trois parcours, complémentaires des tramways et bus. Une triangulation entre Lormont, Bacalan et les Hangars, un aller-retour entre les Quinconces et Lormont et une deuxième triangulation entre les Abattoirs (dans le secteur du futur Euratlantique), Bègles et la caserne des pompiers rive droite. La durée des plus longs trajets s'élèverait à trente minutes. Selon lui, 250 000 personnes traverseraient la Garonne chaque année, « il suffirait de capter 1,25 passager sur 1 000 pour arriver à 90 000 personnes afin d'atteindre un coût de revient par passager de 4,4 € », explique-t-il. Quand le dernier bus du fleuve s'est arrêté en 2004, le coût de revient par passager s'élevait à 16 € par voyageur et la navette transportait 21 000 personnes à l'année. « En plus, ça colle tout à fait au développement durable, c'est écologique, il n'est pas nécessaire d'entretenir un site propre et ça donne une autre image du transport en commun, ça devient une croisière », insiste-t-il. Il a estimé la rénovation et la création de pontons à 2,1 millions d'euros et l'achat de trois bateaux à 450 000 €.
Même si ses démarches ne se sont pas encore concrétisées, il semble que son idée intéresse la communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Elle a en effet demandé à son délégataire, Keolis, de se pencher sur le sujet. La piste du bus du fleuve figurait d'ailleurs sur le contrat signé entre la collectivité et le délégataire en 2009.