Hommage au Juste de Bordeaux

elsa provenzano

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Marie-Rose Mendes, la fille de l'ancien consul portugais de Bordeaux.
Marie-Rose Mendes, la fille de l'ancien consul portugais de Bordeaux. — P.saura / 20 minutes

« Pendant la Seconde guerre mondiale, il veut sauver le plus de vies possibles », raconte Manuel Dias au sujet de l'ancien consul portugais de Bordeaux, Aristides de Sousa Mendes, qui a notamment délivré des visas aux Juifs. Le comité qui lui est dédié, et présidé par Manuel Dias, lui a rendu hommage en fin de semaine dernière. Ses descendants et les familles des rescapés étaient également présents.

« Sauver tous mes frères »
11 novembre 1939, Salazar, dictateur du Portugal, ordonne aux consuls de refuser les visas « aux étrangers de nationalité indéfinie, contestée ou en litige, aux apatrides et aux juifs ». A partir de cette date, Aristides De Sousa Mendes commence à désobéir en délivrant quand même ces visas. Il sait par son frère, installé en Pologne, quel sort est réservé à ces populations. En juin 1940, il héberge même chez lui le rabbin Kruger, à qui il promet un visa, celui-ci lui répond: « ce n'est pas seulement moi qu'il faut sauver mais tous mes frères ». Il va donc mener une désobéissance de masse du 17 au 24 juin 1940 et aider 30 000 personnes, dont 10 000 Juifs. Salazar met un terme à sa carrière et il meurt dans la misère en 1954 . Parmi ses 12 enfants, beaucoup ont dû immigrer. « Avant 1988, date de sa réhabilitation, les Mendes n'étaient pas les bienvenus au Portugal », affirme sa fille Marie-Rose. Venu de Seattle pour rendre hommage à celui qui a sauvé ses grands-parents, Harry Oesterreicher explique : « j'ai appris son existence il y a un mois et je veux transmettre cette histoire à ma famille ». Le comité compte lancer un appel à témoins pour retrouver d'autres personnes sauvées par De Sousa Mendes et continuer à constituer le registre.