les professionnels du liège font sauter le goût de bouchon

Sophie Lemaire

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2,4 milliards de bouchons en liège sont vendus en France chaque année.
2,4 milliards de bouchons en liège sont vendus en France chaque année. — S. POUzet / 20 minutes

Le célèbre « goût de bouchon » leur reste en travers de la gorge. À cause de lui, les fabricants de bouchons en liège, longtemps seuls sur le marché du bouchage des bouteilles de vin, ont vu débarquer à la fin des années 1990 de

sérieux concurrents : bouchons synthétiques et capsules à vis leur ont grignoté des parts de marché. Plus modernes, ils étaient surtout délivrés du risque de contamination par la TCA, molécule à l'origine du très redouté goût de bouchon.
« La filière a mis beaucoup de temps à réagir, reconnaît Jean-marie Aracil, chargé de mission à la fédération française des syndicats du liège. Mais depuis, un gros travail a été fait ». Un code des bonnes pratiques a été mis en place et certifié. Les entreprises se sont modernisées, ont investi des sommes colossales dans la prévention et la traque des TCA. « En dix ans, on est passés de l'artisanat à l'industrie. Avant, nous affichions jusqu'à 5 à 6% de goût de bouchon. Aujourd'hui, c'est 0,8 à 2% ».

Communication offensive
Fière de ses résultats, la filière veut les faire connaître. Elle a lancé une grosse campagne de communication, à l'image de son imposant stand de la fête du vin. « L'apparition des bouchons alternatifs nous a mis un coup de pied aux fesses, analyse Christophe Sauvaud, directeur exécutif de Amorim France, dont l'un des sites est implanté à Eysines. Ca nous a contraints à progresser. Pendant qu'on cherchait des solutions au goût de bouchon, on leur a laissé le champ libre. Mais maintenant que nous les avons trouvées, nous reprenons la parole ».
Alors, le goût de bouchon sera-t-il bientôt un lointain souvenir ? « On peut l'espérer, affirme Jean-marie Aracil. Mais nos bouchons ont souvent bon dos. Ce qu'on appelle « goût de bouchon », qui est en fait un goût de moisi, peut avoir bien d'autres causes. On sait maintenant mieux les identifier ».