Condamnations dans l’affaire des dockers contaminés à l’amiante

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Le port de Bordeaux et plusieurs entreprises manutentionnaires ont commis une « faute inexcusable », a reconnu jeudi dernier le tribunal des affaires de la sécurité sociale (Tass) dans l’affaire des dix-sept dockers contaminés à l’amiante. « Une jurisprudence très importante », a souligné Pierre Sirgue, avocat des victimes. Et une première en France, après dix ans de combat. Jusqu’en 1992, les dockers ont inhalé des fibres cancérigènes d’amiante en manipulant des sacs en provenance de Russie et du Canada. Pierre Sirgue a reproché aux employeurs de « ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger leur main-d’oeuvre des poussières d’amiante qui l’ont empoisonnée ». Vendredi, le port – qui n’a souhaité faire aucun commentaire – a pris acte du jugement, mais a ajouté que « les importations d’amiante étaient à l’époque des faits parfaitement autorisées ». Marcel de Bilbao, le président de l’association des dockers et travailleurs portuaires victimes de l’amiante, renchérit : « Elle était autorisée lorsqu’elle était contrôlée. Et sur les ports, ce n’était pas le cas. » Le docker, contaminé depuis près de dix ans, se dit satisfait de la décision du tribunal, même si « ça ne nous rendra pas la santé ». Selon lui, il est impossible que des dockers n’aient pas été contaminés. « Nous étions en première ligne, mais les derniers considérés », regrette-t-il. L’association a l’intention de poursuivre cette affaire au pénal. Orianne Dupont

cancer Une fibre d’amiante est de 400 à 2 000 fois plus petite qu’un cheveu humain et n’est pas décelable à l’oeil nu. Une seule fibre inhalée peut provoquer des maladies, au niveau de l’appareil respiratoire notamment. Les complications les plus redoutables sont le cancer du poumon et de l’estomac.