Les transsexuels font l'objet d'attentions à Bordeaux

S. L.

— 

Des transsexuels venus de toute la région se sont retrouvés la semaine dernière lors d'un colloque à Bordeaux.
Des transsexuels venus de toute la région se sont retrouvés la semaine dernière lors d'un colloque à Bordeaux. — P. Saura / 20 Minutes

Parce que « personne ne choisit cet état-là et que la transsexualité reste un parcours très difficile », l'association bordelaise Mutatis Mutandis vient en aide depuis 2004, aux personnes trans- identitaires. Elle sera présente samedi prochain à la Gay Pride de Bordeaux. « Nous organisons deux réunions par mois et nous tenons un accueil téléphonique. C'est indispensable car certaines personnes vivent isolées à la campagne et lorsqu'elles nous appellent, elles sont au bord du suicide » souligne Arnaud Alessandrin, animateur de l'association. Mutatis Mutandis édite également un guide complet pour les personnes en questionnement sur leur identité sexuelle, le petit Mutatis, mis à jour chaque année.

Un processus long et difficile
« Nous avons aussi créé l'association pour faire partager nos expériences » explique Nathalie, la présidente de Mutatis Mutandis. Certains se demandent tout simplement comment s'habiller en période de transition. D'autres veulent savoir comment annoncer à leurs enfants qu'ils vont changer de sexe... » Nathalie a franchi le cap en 2003. Elle s'est fait opérer à 42 ans. « Avant j'ai vécu un rôle social, je me suis marié, j'ai eu des enfants jusqu'à ce que le décalage entre mon genre et mon corps soit trop difficile à accepter » raconte-t-elle. C'est parce qu'elle sait que le processus est long et difficile à toutes les étapes que cette jeune retraitée, ancien agent SNCF vient aujourd'hui en aide aux autres. « Pour moi la transition a duré quatre ans. Le plus compliqué a peut-être été de changer d'état civil. Mais mon employeur et mon entourage ont bien accepté mon changement. » Tout ne se passe pas toujours aussi bien que dans le cas de Nathalie. Comme l'explique le docteur Nadine Grafeille psychiatre sexologue au sein de l'équipe en charge des transidentitaires au CHU de Bordeaux, le changement de sexe peut poser des problèmes à tous les niveaux. « Il existe des risques physiologiques dus aux traitements hormonaux et aux opérations. Mais le changement d'identité peut aussi poser problème, en cas d'héritage par exemple, ou lorsqu'une personne souhaite se remarier sans révéler à son conjoint sa mutation. »

Protocole

Le CHU de Bordeaux est l'un des seuls en France avec Paris et Marseille à proposer depuis 1977, un protocole complet de prise en charge des personnes désireuses de changer de sexe. Une équipe composée de psychiatres, de chirurgiens, de plasticiens et d'un endocrinologue reçoit 200 patients par an, dont 145 entameront ensuite un processus de transformation. Les patients viennent de tout le quart Sud-Ouest de la France.