La justice d'après Outreau en débat

©2006 20 minutes

— 

La salle de l'Athénée municipal était comble, vendredi, pour le débat intitulé « Outreau, et après »

L'union syndicale de la magistrature (USM) avait réuni deux membres de la commission d'enquête parlementaire, un avocat et des experts psychiatres

Roselyne Godard, l'une des acquittés du procès d'Outreau, était également présente pour « parler sans esprit de vengeance de ce qui nous concerne tous : la justice de demain »

Elle a notamment évoqué « l'étiquette de monstre qu'on vous colle du jour au lendemain » ou encore l'absence de structures adaptées pour recueillir correctement la parole de l'enfant victime

« Ce que j'aimerais aussi voir changer dans notre justice, et qui ne coûte rien, c'est l'état d'esprit », a-t-elle poursuivi

Dans la salle, directement concernés, de nombreux auditeurs de justice avaient fait le déplacement

Ces jeunes élèves de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) ont écouté les témoignages de magistrats plus anciens qui évoquaient leurs difficultés dans l'exercice de leurs fonctions ou d'avocats de la place bordelaise, expliquant vivre « les dysfonctionnements d'Outreau au quotidien »

« Nous nous sentons évidemment très concernées, ont réagi deux futures magistrates à l'issue des débats

En plus, notre entourage nous interpelle en permanence sur l'affaire Outreau

» Dans l'assistance, un auditeur de justice a demandé à Roselyne Godard ce qui, selon elle, pourrait faire de lui un bon magistrat

« Bon sens, humanité et humilité », a répondu la « boulangère » d'Outreau

Sophie Lemaire

avocate Roselyne Godard envisage maintenant de devenir avocate. « Je suis des cours de droit, a-t-elle confirmé vendredi. Mais ce que j'ai vécu vaut tous les cours de la terre. »