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transition énergétiqueLa géothermie, l’atout caché pour faire face à la transition à Bordeaux

Bordeaux Métropole : Grâce à un sous-sol prometteur, la géothermie couvrirait 10 % des besoins énergétiques d’ici 2050

transition énergétiquePlusieurs projets de réseaux de chaleur urbains sont programmés dans les années à venir par Bordeaux Métropole pour exploiter le potentiel du sous-sol bordelais évalué par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM)
Un forage géothermique sur la métropole bordelaise.
Un forage géothermique sur la métropole bordelaise. - Géotec / Géotec
Elsa Provenzano

Elsa Provenzano

L'essentiel

  • Le potentiel géothermique du sous-sol bordelais est prometteur si on en croit les études du bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
  • Bordeaux Métropole va lancer cinq projets de réseaux de chaleur à dominante géothermiques, dont l’un de forte puissance sur le sud de l’agglomération.
  • L’ambition est de multiplier par deux sur le mandat le potentiel de chaleur délivré par ces réseaux et par quatre d’ici 2050.

Tirer parti de la température des roches et de l’eau qui circule dans le sous-sol bordelais au bénéfice de réseaux de chaleur urbains, c’est l’ambition de Bordeaux Métropole. L'objectif s'inspire des résultats prometteurs des études menées par le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) via différents forages. « Les mesures des températures des roches et des nappes dans ces forages ont révélé que la température augmente rapidement avec la profondeur, de presque 3,6 °C tous les 100 mètres », pointe le BRGM dans un communiqué. Depuis 2018, il explore le potentiel géothermique du sous-sol dans le cadre d’un partenariat noué avec la Métropole.

« En 2020, [lorsque l’actuelle majorité écologiste municipale est élue] des études étaient en cours sur plusieurs zones mais il n’y avait pas de décisions de faire, pointe Claudine Bichet, vice-présidente de Bordeaux métropole au climat et à la transition énergétique et première adjointe à la mairie de Bordeaux. On a pu réutiliser ce travail mais en lançant des projets concrets. » Des forages tests ont été réalisés au Taillan-Médoc, à Bègles et Pessac, et plusieurs projets de réseaux de chaleur sont dans une phase pré-opérationnelle.

Un gros réseau de chaleur sur le sud de la Métropole

Cinq réseaux urbains sont en cours de travaux ou sur le point d’être lancés sur l’agglomération bordelaise sur laquelle le BRGM indique « que les premières dizaines à centaines de mètres sous la surface pourraient fournir de grandes quantités d’énergie à des températures remarquablement stables : de quoi chauffer et rafraîchir des bâtiments tout au long de l’année. » L’un dans le quartier du Grand Parc, où se trouvent de grands ensembles de logements sociaux, sera lancé en 2024 et mixera géothermie et biomasse.

« Et, un appel d’offres a été lancé pour le plus gros réseau de chaleur de l’agglomération, sur la Métropole sud qui concernera quatre communes (Bordeaux Talence, Pessac et Gradignan) et affiche une puissance de 180 GWh quand les plus gros actuellement sont à 120 GWh », souligne Claudine Bichet. La géothermie y sera prédominante. Les travaux de ce chantier d’ampleur seront lancés en 2025 avec une mise en service envisagée pour 2028. Un autre réseau est programmé sur l’Aéroparc et concernera des bâtiments du tertiaire. « Et au-delà, on continue de s’appuyer sur les études du BRGM et sur d’autres bureaux d’études pour évaluer le potentiel géothermique pour embrayer et développer d’autres projets », ajoute Claudine Bichet. La métropole est maître d’ouvrage et confie ensuite la gestion des réseaux à des délégataires, pour des durées de 25 à 30 ans.

Après le choc pétrolier, des forages géothermiques de 1.000 mètres de profondeur avaient été réalisés dans les années 1980 et « alimentent toujours en chaleur de vastes ensembles d’immeubles de Bordeaux-Mériadeck, de Pessac-Saige et de la BA106 à Mérignac », pointe le BRGM. Des profondeurs moindres sont intéressantes car « plus appropriées pour couvrir les besoins de bâtiments de toutes tailles », précise le BRGM.

Une chance pour relever le défi de la transition énergétique

Le potentiel géothermique du sous-sol a été intégré au plan de développement des énergies renouvelables à l'échelle de la métropole. « Dès 2020, on a lancé une ambition très forte sur les réseaux de chaleur urbains, on veut multiplier par deux sur le mandat le potentiel de chaleur délivré par ces réseaux et par quatre d’ici 2050 », pointe la première adjointe.

Bien sûr, il ne suffira pas de miser sur la géothermie pour répondre à l’ensemble des besoins énergétiques. Selon les projections actuelles, la géothermie pourrait représenter d’ici 2050 10 % de notre consommation énergétique. « Le photovoltaïque a aussi un gros potentiel sur notre territoire, qui risque d’être de plus en plus ensoleillé, relève Claudine Bichet. Le premier des autres leviers pour décarboner notre consommation c’est de la réduire : les objectifs sont atteignables seulement si on divise par deux notre consommation d’énergie. » L’une des réponses passe par exemple, par une meilleure isolation des logements.

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