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patrimoinePourquoi le club Unesco émet des réserves sur le téléphérique à Bordeaux ?

Bordeaux : Pourquoi le club Unesco émet des réserves sur le téléphérique ?

patrimoineLe conseil de Bordeaux Métropole va examiner de nouveau le dossier du projet de téléphérique à la rentrée, après que le club bordelais de l’Unesco a émis des réserves sur le tracé qui avait rassemblé le plus d’avis favorables pendant la concertation
Le projet de téléphérique bordelais risque d'avoir un fort impact visuel (illustration).
Le projet de téléphérique bordelais risque d'avoir un fort impact visuel (illustration). - Pixabay / Elsemargriet / Pixabay
Elsa Provenzano

Elsa Provenzano

L'essentiel

  • Jusqu’au 13 février s’est tenue une consultation publique sur neuf tracés possibles (trois principaux avec de légères différences) du téléphérique bordelais, entre les deux rives de la Garonne.
  • Celui qui a récolté le plus d’avis favorables, pour sa meilleure connexion avec la rive gauche, est aussi celui que le club local Unesco épingle pour son impact visuel important.
  • Dans ce tracé en diagonale, il faut implanter un pylône de 100 mètres de haut dans la Garonne ce qui gâcherait une partie du paysage pour les experts du club. La métropole doit réexaminer ce dossier à la rentrée.

Le club bordelais de l’Unesco et le public ne sont pas d’accord sur le tracé du futur téléphérique bordelais. Le tracé envisagé avec un terminus à la Cité du vin et qui a recueilli à l’issue de la concertation le plus d’avis favorables de la part du public est celui sur lequel le club émet des réserves. Ce club Unesco est une instance locale créée par Alain Juppé en 2008. Il n’est pas une émanation de l’Unesco, mais regroupe des spécialistes (architectes des bâtiments de France, experts historiens, paysagistes etc.) et ses avis sur les projets locaux sont consultatifs, mais très écoutés par les collectivités.

« Un impact visuel très fort »

Ce club n’a aucune opposition de principe avec le transport par câble, mais relève que le tracé vers la Cité du vin aurait « un impact visuel très fort », relève Susanne Eliasson, architecte conseil de la ville de Bordeaux qui fait partie du club Unesco. Selon ce tracé, il est envisagé d’installer un pylône de 100 mètres de haut dans la Garonne, ce qui perturberait la vue sur le pont Chaban-Delmas et le fleuve, lui-même un élément important du paysage bordelais. Pour les autres tracés, les pylônes sont installés sur les berges ce qui est une solution préférable pour le club Unesco.

L’autre aspect qui ne plaît pas au club, c’est que le tracé est en diagonale plutôt que perpendiculaire au fleuve (comme les deux autres parcours principaux au choix) comme cela se fait historiquement dans les liaisons entre les deux rives. Si la fréquentation estimée pour ce tracé en diagonale est un peu au-dessus des autres, le club note que ce n’est pas non plus une différence significative. « Si on privilégie ce tracé, il faudra réexaminer toutes les alternatives possibles à l’installation d’un pylône dans la Garonne », estime Susanne Eliasson.

Un autre tracé est lui aussi pointé du doigt par des acteurs économiques, en particulier construction navale Bordeaux (CNB) et Marie Brizard, dans le secteur de Lissandre sur la rive droite. Des inquiétudes au sujet de la préservation de la confidentialité des activités (technologie, innovation) sont notamment avancées par CNB. Mais l’opacification des cabines pourrait être une solution, sans que le tracé soit abandonné.

Les politiques vont devoir arbitrer sur les choix de tracés pour ce transport dont la mise en service est envisagée pour 2028, alors même que celui qui est le plus populaire est celui qui fait face aux critiques des experts du club Unesco.

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