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SécuritéAprès le rodéo qui a mal tourné à Bordeaux, une piste dédiée à l’étude

Bordeaux : « Un lieu de course dédié », souhaité par le maire du quartier après le rodéo urbain qui a fait 13 blessés

SécuritéAprès la sortie de route d’un automobiliste qui participait à un rodéo urbain vendredi soir, dans le quartier de Bordeaux Maritime, treize personnes ont été blessées. Le préfet annonce des contrôles renforcés sur les secteurs concernés
Il n'existe pas de circuit pour les courses d'amateurs sur l'agglomération bordelaise.
Il n'existe pas de circuit pour les courses d'amateurs sur l'agglomération bordelaise.  - Craig McAllister/ProSports/Shutt / SIPA
Elsa Provenzano

Elsa Provenzano

L'essentiel

  • Vendredi soir, une course sauvage a dégénéré dans le nord de Bordeaux, avec la sortie de route d’un participant qui a occasionné 13 blessés.
  • La préfecture annonce qu’elle va renforcer les contrôles, mettant en avant les aménagements réalisés dans le secteur Le Lac-Les Aubiers qui ont permis de mettre un terme à ces pratiques.
  • Le maire adjoint de Bordeaux Maritime estime de son côté qu’il faut aussi réfléchir à un lieu dédié pour ces automobilistes accrocs à l’accélération, comme il en existe pour les motards.

Vendredi soir, la course sauvage organisée à Bordeaux Lac, rue du professeur Darget, a pris un tour imprévu avec la sortie de route d’un participant, qui a blessé treize personnes dont deux assez sérieusement. Plus aucune des victimes n’est cependant hospitalisée à cette heure. Le conducteur, un homme de 32 ans, a été placé en détention provisoire en attendant son procès, prévu le 7 juin.

Un événement qui remet sur la table la difficulté pour les autorités de lutter contre ce phénomène de rodéo urbain. Ses adeptes apprécient Bordeaux Lac pour ces nombreux parkings de zones commerciales, offrant des surfaces de bitume disponibles pour les dérapages et les accélérations, une fois que les magasins ont tiré le rideau.

Sur les huit derniers mois, les services de police ont réalisé 859 opérations antirodéos dans la métropole bordelaise, en particulier sur Bordeaux au cours desquelles 8.263 personnes ont été contrôlées, 1.306 verbalisées et 86 personnes placées en garde à vue. Trois véhicules et vingt deux-roues motorisés ont aussi été saisis.

Contrôles renforcés et aménagements des accès

« J’ai donné instruction aux services de police et de gendarmerie, de renforcer le nombre de contrôles dans les secteurs les plus exposés et de procéder à la saisie systématique des engins utilisés, a réagi le préfet ce mardi, dans un communiqué. J’invite par ailleurs la population à prévenir la police ou la gendarmerie rapidement lorsqu’elle assiste à un rodéo, en composant le 17 ou en réalisant un signalement sur Moncommissariat.fr ».

Des rassemblements réguliers d’adeptes de ces courses sauvages ont été organisés précédemment dans le secteur de Ginko (Lac-Les Aubiers). Et l’an dernier, les riverains s’étaient particulièrement mobilisés pour pointer toutes les nuisances, en particulier sonores, que ce genre de passion occasionnait.

Depuis, en 2022, des bandes rugueuses ont été installées sur le secteur qui servait de piste d’accélération. « Les runs ayant affecté le secteur Nord de la ville de Bordeaux (Le Lac – Les Aubiers) ont été définitivement éradiqués en obtenant dans le cadre du groupe de partenariat opérationnel (GPO) d’une part des aménagements pérennes de la longue ligne droite longeant le Parc des Expositions, d’autre part une sanctuarisation des grandes plaques de parking de la ZAC de Bordeaux Lac, rendues inaccessibles aux particuliers », détaille la préfecture de la Gironde dans son communiqué.

Un circuit dédié ?

« On se doutait que cela ne ferait que reporter le problème, tant qu’il n’y aurait pas une prise en compte préfectorale et métropolitaine de ce sujet, réagit Vincent Maurin, maire adjoint du quartier Bordeaux Maritime. La fermeture du circuit Mérignac a laissé un vide ». Il n’y a pas de riverains sur ce secteur, comme à Ginko, et le maire adjoint n’a donc pas été alerté de la montée en puissance de ce phénomène, sur le secteur de la rue Darget.

Ces rassemblements sur la voie publique sont strictement interdits mais une fois que l’on a dit ça, pour le maire adjoint « on ne règle pas l’aspect pratique ». Pour envisager que les pouvoirs publics réfléchissent à une piste dédiée sur la métropole, il faudrait d’abord qu’ils aient des interlocuteurs. Or qui dit course sauvage dit organisation clandestine. Les participants se donnent rendez-vous via les réseaux sociaux, de façon assez discrète. « Il faut un interlocuteur pour travailler un projet », lâche Vincent Maurin. Il prend l’exemple des motards qui s’étaient fédérés il y a une vingtaine d’années à Bordeaux pour obtenir la piste d’accélération de Labarde, qui existe encore. Si un circuit était attribué aux adeptes de ces « runs », reste à savoir si le goût du risque n’inciterait pas encore certains à sortir des chemins battus.

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