Bordeaux : Le musée d’Aquitaine dévoile « le trésor de Garonne »

Patrimoine Les 4.000 pièces de monnaies anciennes ont été réunies petit à petit, depuis les années soixante

Elsa Provenzano
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Composé d'environ 4.000 pièces ce trésor avait une valeur marchande équivalente à 25 amphores de vin au IIe siècle.
Composé d'environ 4.000 pièces ce trésor avait une valeur marchande équivalente à 25 amphores de vin au IIe siècle. — L.Gauthier
  • Un trésor antique, constitué de 4.000 pièces frappées au IIe siècle, peut être admiré au musée d’Aquitaine.
  • Les premiers sesterces ont été retrouvés dans la Garonne, dans les années soixante.
  • D’autres pièces ont été retrouvées dans les murs de maisons et certains dépôts de particuliers interviennent encore très récemment.

Si vous avez envie de contempler un pactole antique « en vrai », c’est maintenant possible au musée d’Aquitaine. L’établissement a fait une place de choix au « trésor de Garonne » qui date du IIe siècle, découvert par hasard lors de travaux de dragage du fleuve, dans les années 1960. « Avec 4.000 pièces, c’est le plus important trésor monétaire antique, en France », relève Laurent Védrine, directeur du musée d’Aquitaine.

Sans les opérations de dragages du fleuve pour extraire du granulat, le magot serait peut-être resté noyé sous les eaux. Il a quand même fallu quelques décennies pour rassembler les milliers de sesterces, cette monnaie romaine en laiton.

Des pièces retrouvées dans les murs de maisons

Lors de la découverte certaines personnes se sont servies mais il y a aussi des pièces « qui sont restées dans le sable extrait de la Garonne », pointe le directeur du musée. Certaines se sont retrouvées dans les murs de constructions réalisées à Bordeaux et dans les environs. Quand les propriétaires tombent dessus à l’occasion de travaux par exemple, certains les déposent ensuite au musée d’Aquitaine. L’université vient de céder récemment plus de 200 pièces au musée qui reçoit aussi encore des dépôts de particuliers, encore ce jeudi matin.

« Ce trésor est l’occasion d’évoquer le commerce de Burdigala [le nom antique de Bordeaux] grand port de commerce romain, situé à la limite occidentale de l’empire romain et de mesurer l’importance du fleuve dans les échanges et les communications », commente Laurent Védrine. Les monnaies appartiennent au règne de différents empereurs (Hadrien, Trajan, Commode) et la taille des pièces et leurs motifs permettent aux numismates (spécialistes des monnaies) de les distinguer.

A l’époque, la valeur des 4.000 pièces était équivalente à 25 amphores de vin mais sa valeur patrimoniale et historique est aujourd’hui inestimable.