La densification a du mal à passer

Stéphanie Lacaze

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Les hangars de la rue Joséphine vont laisser place à une résidence de la Cogedim.
Les hangars de la rue Joséphine vont laisser place à une résidence de la Cogedim. — C. Blumberg : 20 Minutes

Après plusieurs mois de lutte, la mobilisation a payé. Les Riverains des Chartrons réunis en association viennent de faire plier le promoteur immobilier Cogedim, qui prévoyait de construire trois immeubles dans l'îlot constitué à l'angle des rues Vieillard et Joséphine, un quartier d'échoppes où les habitations ne dépassent pas deux étages. « Nous sommes parvenus à nous entendre sur un compromis qui va être formalisé dans les jours qui viennent, précise Eric Lefeuvre, le président. Nous avons obtenu que les deux immeubles de la rue Vieillard, qui devaient faire quatre étages, soient baissés d'un étage. L'architecture du projet va également être revue pour tendre vers plus de sobriété. »

Problème identique à la Bastide
Le promoteur s'est également engagé à modifier l'emplacement de l'entrée du parking, initialement prévu en face de l'école, et à réaliser un immeuble en escalier de trois et quatre étages pour le dernier projet, au lieu des cinq programmés. En contrepartie, les riverains acceptent de renoncer à tous les recours qu'ils avaient déposés contre la Cogedim. La mairie se porte caution du respect de ce protocole d'accord. La municipalité, qui cherche à densifier le territoire et qui délivre les permis de construire, est en effet de plus en plus souvent confrontée à des oppositions comme celle des Riverains des Chartrons. Le problème se pose quasiment dans les mêmes termes sur la rive droite. L'association Cap Bastide dénonce par exemple un « manque de logique dans l'aménagement de l'avenue Thiers » qui fait l'objet d'une mesure conservatoire côté pair en conformité avec la volonté de création de l'éco-quartier, mais pas côté impair. Ce qui aboutit selon Eric Comazetto, un des porte-parole de l'association, à la construction de résidences de six étages à côté d'échoppes. Élisabeth Touton, adjointe au maire en charge de l'urbanisme, reconnaît que le PLU (plan local d'urbanisme) qui définit les règles en matière de construction est « parfois inapproprié, notamment en terme de hauteurs. » Pour affiner ses outils, la ville a donc lancé un recensement des quartiers d'échoppes. Nansouty, Belcier et la Benauge ont déjà été étudiés. Ces quartiers peuvent maintenant faire l'objet de « prescriptions à la parcelle, ce qui permet d'éviter les projets qui ne sont pas adaptés », se félicite l'élue.

Cas par cas

Maigre consolation pour l'association des Riverains des Chartrons, son quartier va être le prochain à faire l'objet d'un recensement de l'habitat rue par rue. Une fois ce diagnostic effectué, le PLU pourra être adapté et modifié en fonction.