Gironde : Une usine de valorisation des déchets en énergie devient l’une des plus « propres » d’Europe

CERCLE VERtueux L’usine de Cenon, près de Bordeaux, s’est modernisée pour améliorer la qualité de ses émissions

Elsa Provenzano
Dans une usine de traitement de déchets ménagers (Illustration)
Dans une usine de traitement de déchets ménagers (Illustration) — Patrice Magnien
  • L’unité de valorisation énergétique de Cenon vient de terminer des travaux de modernisation qui la place comme l’une des plus performantes en termes de rejets, à l’échelle de l’Europe.
  • Elle alimente un réseau de chaleur urbain de 23 km qui alimente 20.000 habitants en électricité.
  • Elle travaille à améliorer encore sa performance énergétique, de 89 % aujourd’hui, pour valoriser chaque calorie.

L’usine d’incinération des déchets de Cenon, commune limitrophe de Bordeaux, tourne à plein régime mais aucun panache de fumée ne sort de la cheminée. Le site incinère 125.000 tonnes de déchets ménagers non recyclables par an et approvisionne 15.800 logements en chauffage et 20.000 habitants en électricité. Mais ce n’est pas parce qu’on ne voit quasiment aucun rejet à l’œil nu que l’établissement peut se passer de contrôles. Toutes les émissions de l’usine sont enregistrées en temps réel et analysées et « un laboratoire contrôle tous les six mois le système », pointe Christophe Gambier, directeur de Valbom, l’entreprise délégataire choisie par la métropole bordelaise pour exploiter le site.

Une usine au milieu des tours de logements

Des travaux de modernisation pour le traitement de ces fumées viennent de se terminer cet été, améliorant les performances du site qui sont « supérieures aux normes européennes en termes d’émissions et cela permet de rendre cette usine acceptable parce qu’on est dans un tissu urbain dense », souligne Jean-François Egron, maire de Cenon. De nombreuses tours de logements sont situées à proximité directe de l’usine, érigée en 1987, et dont le réseau s’étend sur 23 kilomètres. « C’est l’une des unités de valorisation énergétique les plus propres d’Europe », renchérit Patrick Labesse, vice-président de Bordeaux Métropole délégué à la collecte tri et valorisation des déchets.

Autre atout du site, il ne dégage que très peu de mauvaises odeurs. « L’air de combustion des foyers est aspiré dans la fosse et les portes se referment automatiquement derrière chaque camion », précise Christophe Gambier. Il ajoute que la durée de stockage, encadrée légalement, est aussi courte, soit 72 heures maximum. « On a eu le nez creux puisqu’on a inséré le gymnase et la piscine [dans ce réseau de chaleur urbain] et les installations qui vont être bientôt inaugurées profiteront d’un coût énergétique remarquable, cinq à six fois moins élevé que le gaz », se félicite le maire de Cenon. L’élu de la métropole pointe aussi que ces réseaux se développent « au profit du plus grand nombre », permettant une énergie bon marché pour les plus modestes.

Le site qui utilisait du fioul lourd avant de s’atteler à l’incinération des déchets n’a pas dit son dernier mot en termes d’innovation. Un travail a été mené pour récupérer de l’énergie sur les fumées, alors qu’actuellement la performance énergétique du site est d’environ 89 %. Pour tendre vers du 100 %, il est question de traiter l’énergie fatale qui n’est pas utilisée, en été notamment. Il faudrait, sur le principe d’une pompe à chaleur faire « du froid avec du chaud », sur le modèle de ce qui se fait déjà sur le réseau de chaleur de Saint-Jean Belcier. Valoriser chaque calorie, c’est bien l’obsession de ce site industriel.