une stèle pour ne pas les oublier

Orianne Dupont

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Antonio Cordoba a posé hier la première pierre du mémorial.
Antonio Cordoba a posé hier la première pierre du mémorial. — p.saura / 20 minutes

José Lopez était ému, hier, lors de la pose de la première pierre de la stèle érigée en mémoire des républicains espagnol – détenus dans les camps des environs – face à la base sous-marine. Ils étaient 3 600, ainsi que des ouvriers d'autres nationalités, à construire ce bâtiment pour le compte des Allemands entre 1941 et 1943, devenu aujourd'hui un lieu d'exposition. Quatre-vingts d'entre eux sont même morts sur le chantier et ont été coulés dans le béton. « Mon parrain a travaillé ici, explique José Lopez, membre de l'association Mémorial pour les républicains espagnols, les ouvriers y étaient 24 h sur 24, les hivers étaient froids, ils n'avaient pas à manger… Cette reconnaissance arrive tard, car beaucoup sont décédés, cela aurait pu se faire il y a 20 ans. » Effectivement, des anciens ouvriers auraient alors été présents. Aujourd'hui, seul l'un d'entre eux, âgé de 91 ans, aurait pu être là, mais son état de santé ne lui a pas permis de se déplacer. Alors, hier, seuls des proches – dont certains arboraient l'écharpe aux couleurs des républicains espagnols — pouvaient se réjouir de cette avancée et se recueillir.

Une reconnaissance mitigée
Pour Antonio Cordoba, le président de l'association, c'est le résultat de 10 ans de recherches et de combat, qui l'ont même poussé à s'inscrire en fac d'histoire. Il a fallu ensuite attendre les autorisations, du port, notamment. Mais il n'y a pas eu de réticences, « tout le monde à Bacalan connaît les conditions dans laquelle la base a été construite », témoigne Sylvie Saint-Vignes représentante du port de Bordeaux. Pourtant, hier, hormis Vincent Feltesse, le président de la CUB, aucun élu local n'a fait le déplacement.