un passage de témoin qui rapproche deux générations

Simon Gleize

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Les passeurs de mémoire en plein travail
Les passeurs de mémoire en plein travail — P.saura / 20 minutes

« On apprend beaucoup de choses. Bien plus que dans les livres d'histoire. » Antoine, 18 ans, fait partie des huit jeunes en service civique au sein de l'association Unis-Cité Bordeaux, qui, depuis janvier, se sont engagés dans le programme « Passeurs de ­Mémoire ». Durant six mois, lui et ses camarades vont venir discuter avec des retraités de la résidence Malakoff Médéric de Talence et recueillir des récits de vie, des anecdotes. « L'idée est de développer le lien intergénérationnel et de lutter contre l'isolement des personnes âgées, explique Nicolas Perez, coordinateur d'Unis-Cité. Ces jeunes avaient envie de consacrer un moment de leur vie aux autres ».
Une initiative qui a rapidement convaincu Jérôme Alus, le directeur de la résidence : « Quand on m'a proposé ce partenariat, je me suis immédia­tement rappelé que j'aurais aimé connaître la vie de ma grand-mère. Qui peut mieux raconter l'histoire que ceux qui l'ont vécue ? » Pour mettre les jeunes dans les meilleures conditions, le directeur leur a proposé une semaine de formation afin qu'ils apprennent à connaître les personnes âgées et à ­appréhender leurs réactions. Et même si certains résidents sont encore réticents à livrer leurs histoires, le projet semble fonctionner. « Ils nous parlent beaucoup de leur enfance, de leur métier ou de la Seconde Guerre mondiale », explique Florie, une volontaire de 21 ans. On essaie aussi de changer l'image qu'ils ont des jeunes. Ils passent beaucoup de temps devant leur télévision et donc se font des idées », regrette Antoine. Une initiative qui semble porter ses fruits. M. Griot, un retraité, témoigne : « Même si leur jeunesse est très différente de celle que j'ai connue, j'essaie de rester ouvert et de leur livrer des paroles positives ». Un bon moyen de rester jeune pour ce pensionnaire de 86 ans.