« L'idée est de s'inscrire sur le long terme »

recueilli par Simon Gleize

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D. JANIN / AFP

Eric Debardieux : Composé de sociologues, de psychologues et de criminologues, il va suivre les travaux des Etats généraux et évaluer les mesures mises en place. Nous sommes là pour éclairer les politiques. L'idée est de s'inscrire sur le long terme car la violence à l'école est là depuis une trentaine d'années.

Je ne crois pas à la hausse globale de la violence dans tous les établissements. Il n'y a par exemple pas de hausse significative en Gironde, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a aucun problème à régler dans le département.
C'est un phénomène très complexe qu'il ne faut surtout pas essayer de résoudre avec des solutions simplistes. Si les critères sociaux sont déterminants, la stabilité des équipes adultes, l'éducation parentale et la mixité dans les établissements ont aussi leur importance. Et surtout, il faut absolument éviter de créer des classes « cocottes minute » qui peuvent vite devenir explosives.

Le cyber-harcèlement par mail, sms ou par blog en est une : 18 % des enfants en sont victimes. Par ailleurs, aujourd'hui les agressions sont souvent réalisées en bande et l'institution est de plus en plus visée à travers les violences faites au personnel.
Elles sont minoritaires : elles ne représentent que 5 % des violences à l'école. Il faut faire attention à la sanctuarisation des établissements, parfois envisagée avec le renforcement de la sécurité à l'entrée. Elle coupe l'établissement de son tissu social. Si l'établissement est perçu comme étranger à son quartier, il risque d'engendrer encore plus de violences. C'est un risque réel. C'est pour ça que le repli d'un établissement sur lui-même, s'il est parfois nécessaire à sa tranquillité, ne doit être que transitoire.