Rousset préfère le bilan aux promesses

REGIONALES «20 Minutes» a passé une journée de campagne avec les principaux tête de liste (1/4)...

Orianne Dupont

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L'entreprise est l'un des thèmes favoris d'Alain Rousset.Alain Rousset et son équipe, le temps d'un déjeuner de campagne.Visite de l'entreprise d'économie solidaire Les P'tits Cageots, à Talence, et rencontre avec ses bénéficiaires.
L'entreprise est l'un des thèmes favoris d'Alain Rousset.Alain Rousset et son équipe, le temps d'un déjeuner de campagne.Visite de l'entreprise d'économie solidaire Les P'tits Cageots, à Talence, et rencontre avec ses bénéficiaires. — p. saura / 20 minutesp. saura / 20 minutesp. saura / 20 minutes

Pour l'équipe du candidat socialiste, la campagne a débuté en décembre. Depuis, il enchaîne les marchés, réunions publiques, visites aux commerçants… Un exercice qu'il juge « passionnant ». Lundi dernier, sa journée était consacrée à l'agglomération et plus particulièrement à l'entreprise, son thème de prédilection.

10 h 45 Un quart d'heure de retard… Il le reconnaît volontiers, dans un dossier que L'Express lui a récemment consacré: «Je suis un peu fâché avec la montre!» A Villenave-d'Ornon, une dizaine de créateurs d'entreprise l'attendent. «Ce domaine, c'est son trip!», confie une des organisatrices de la journée, pour qui sa visite est importante, car «il y a un enjeu sur la troisième circonscription: le député, c'est Noël Mamère, et Villenave et Talence sont des villes de droite».

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Mais le choix du thème est bon: le monde de l'entreprise est un sujet qui lui va comme un gant. Pendant deux heures, il discute avec les chefs d'entreprise, les interroge sur leurs difficultés, s'intéresse aux démarches qu'ils ont faites. «La plupart de ces personnes ont été aidées par la région», se félicite-t-il, en aparté, à l'issue de la rencontre. Et face aux moins conciliants – «ce ne sont pas des conseils que je suis venu chercher, mais des sous!», l'interpelle un boulanger en difficulté – Alain Rousset ne botte pas en touche. «Je vais prendre vos coordonnées», répond-il. Il propose des solutions et tente de mettre en place des réseaux. Sur le terrain, il allie parfaitement ses deux fonctions: «En tant que candidat, on a une liberté de ton, et en tant que président, je suis à l'aise car j'ai fait beaucoup de choses.»

13h Déjeuner de campagne. «On définit la stratégie, le projet, on voit comment la campagne est ressentie…», explique sa directrice de campagne. L'équipe prépare les prochaines journées. Elle sait déjà qu'il va falloir faire un effort sur les quartiers populaires: «On craint une forte abstention, car les gens sont découragés, reconnaît Isabelle Boudineau. Nous allons donc faire du porte-à-porte, aller au pied des immeubles en fin de journée». Une approche aléatoire, avec laquelle le candidat rencontrera peut-être moins de personnes qui lui sont acquises…

Le déjeuner est aussi l'occasion pour Alain Rousset de se poser et de faire le point. «J'ai été mauvais au débat de samedi», regrette-t-il face à des premiers fédéraux qui préfèrent rebondir sur la prestation des autres candidats. Ce qui pousse Rousset à imiter l'un de ses rivaux. Avec délectation.

14h30 Petite parenthèse culturelle dans son emploi du temps économique. Il rencontre plus d'une centaine d'acteurs culturels au TNT Manufacture de chaussures. La culture ne fait pas partie des compétences du Conseil régional, mais, d'un point de vue électoral, ce domaine pourrait être porteur. «Il y a un retrait de l'Etat dans la culture, et une vraie angoisse de ce monde», explique le candidat. Avant d'ajouter, comme pour se justifier: «Les jeunes, l'aménagement du territoire, c'est la culture.»

17h Visite de l'entreprise Les P'tits Cageots, à Talence. Une société de livraison de produits frais qui œuvre dans l'économie solidaire. Rapide tour du propriétaire, dégustation d'un petit four et d'un jus de fruit, puis le candidat repart, au bout de vingt minutes.

18h15 Dernière étape avant le meeting final quotidien: le club des entreprises à Pessac, son fief. Alain Rousset en a, en effet, été le maire de 1989 à 2007. «Il y a fait les meilleurs scores», précise son entourage. Il prend le temps de fumer un cigarillo et d'échanger quelques paroles avec ses connaissances, puis aborde un autre de ses sujets fétiches: l'innovation. Il en profite pour parler de son bilan et expliquer son dispositif de soutien: «il faut adapter l'aide aux entreprises», plaide-t-il devant une assemblée qui semble cependant déjà acquise à sa cause.

20h30 Alain Rousset termine sa journée avec Gilles Savary, devant 300 personnes, à la Médoquine.