Vers une aire marine protégée

Lauren Horky

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Une concertation aura lieu avecélus, professionnels de la mer et associations locales pour connaître leurs attentes.
Une concertation aura lieu avecélus, professionnels de la mer et associations locales pour connaître leurs attentes. — TRAVERS / SIPA

Il va falloir trouver le juste équilibre. Le projet de parc naturel marin du bassin d'Arcachon, validé par le Comité interministériel de la mer le 8 décembre dernier, a franchi une étape décisive : une chef de mission a été recrutée la semaine dernière, après la publication de l'arrêté autorisant le lancement de la procédure d'étude et la création du parc, signé le 11 janvier par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.

Placée sous l'autorité du préfet de région, Dominique Schmitt, et du préfet maritime basé à Brest, Philippe du Couedic, Anne Litaye prendra ses fonctions le 15 février prochain. Durant deux ans, ce docteur en écologie et en océanographie pilotera une étude censée permettre « la définition du périmètre, la mise en place des modalités de gouvernance et l'établissement des objectifs du futur parc marin », explique Dominique Schmitt. Il y voit « un outil permettant de concilier les activités humaines et la préservation de l'environnement. »

Basée à Arcachon, Anne Litaye ira d'abord à la rencontre des acteurs locaux - élus, professionnels de la mer et associations - pour connaître leurs attentes. Objectif : établir un état des lieux. « Ce n'est pas la mission qui va imposer des orientations, insiste Philippe de Couedic. Tout va se construire autour de ces rencontres. » La concertation devrait donc, sur le papier, faire émerger les contours du futur parc.

« Je suis très confiante car le projet a déjà été largement évoqué, confie Anne Litaye. Conchyliculteurs et pêcheurs ont même été reçus à Brest. Même si quelques réticences persistent, je suis persuadée que l'on parviendra à trouver un terrain d'entente. »

Un discours qui n'empêche pas Olivier Laban, président de la section régionale conchylicole du bassin d'Arcachon, de faire preuve d'un certain scepticisme : « Aujourd'hui c'est un joli titre. Compte tenu de la sensibilité des huîtres, ce projet visant à la protection de notre environnement peut logiquement nous intéresser. Mais je vais rester vigilant et à l'écoute. On ne veut pas se retrouver avec un nouveau boulet autour de la cheville. » Mireille Dénéchaud, présidente de l'Union nationale des associations de navigateurs de Gironde, confie elle aussi ses craintes : « On a peur d'interdictions abusives qui porteraient atteintes de manière injustifiée à nos libertés ». Autre inquiétude, « les réglementations qui nuiraient à la navigation, au mouillage, à la promenade, sous prétexte de protéger les écosystèmes ou le patrimoine. » W