Les ex-Ford perdent patience

Orianne Dupont

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Les salariés demandent la création d'un comité de suivi auquel ils seraient associés.
Les salariés demandent la création d'un comité de suivi auquel ils seraient associés. — C. BLUMBERG / 20 MINUTES

Il y a un an, les salariés de Ford Aquitaine Industries apprenaient - à l'issue d'une forte mobilisation - la reprise de leur site. Le panneau Ford est tombé, l'entreprise a été rebaptisée First Aquitaine Industries, mais « pendant un an, on a été dans l'expectative », explique Philippe Poutou, représentant CGT. Et aujourd'hui, pour les salariés rien n'a changé. Ils produisent toujours les boîtes de vitesse pour le marché américain. Mais, de moins en moins chaque année : 155 000 en 2010, contre 205 000, en 2009.

Et ils savent qu'en 2011, cette production s'arrêtera. « Nous n'avons rien de concret, se désole Philippe Poutou. Les projets annoncés n'avancent pas et les collègues n'y croient plus. » La CGT tente de remobiliser les salariés dès aujourd'hui avec un rassemblement à 12 h devant l'usine. La direction, elle, parle d' avancées réelles. « La reprise de Ford est complexe, se défend Roland Especel, responsable chez Ford. Le site était l'atelier de production d'un produit pour un client et aujourd'hui, nous devons développer de nouvelles applications, ça prend du temps. » Selon la direction, les discussions liées à l'exportation de transmissions vers la Chine seraient « quasi bouclées ». Pour la vente de pièces à d'autres constructeurs, « c'est très lié à la reprise économique » et « la mise en route de la fabrication de couronnes pour les éoliennes dépend des banques ». Cependant, aucune précision n'est apportée pour l'après 2011. Cette semaine, les salariés ont réitéré, auprès des élus, leur demande de création d'un comité de suivi auquel les syndicats seraient associés. W