Bras de fer entre EDF et les robins des bois

Elsa Provenzano

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« Dans la région, on compte plus de 15 000 coupures en 2009, ordonnées par les fournisseurs d'électricité et assurées par ERDF », s'insurge Jean- Michel Mespoulède, vice-président de l'association Droit à l'énergie, stop aux coupures, et responsable régional CGT. « La trêve hivernale n'est plus respectée », confirme un électricien militant qui souhaite rester anonyme.

Quatre ans après le début de leurs actions, les Robins des bois, ces électriciens qui remettent illégalement le courant dans des foyers en difficulté, jugent encore les coupures pour impayés trop fréquentes. S'ils se font discrets, c'est que « les pouvoirs publics sont de plus en plus enclins à nous sanctionner », explique Jean-Michel Mespoulède. Le 21 janvier dernier, Dominique Liot, agent ERDF militant de la CGT à Toulouse, a été mis à pied pour une durée de vingt et un jours, avec privation de salaire, pour avoir remis le courant chez une famille dont le compteur avait été coupé pour impayés. Les actions de l'association se poursuivent néanmoins car elle a acquis la conviction que la coupure représente « la dernière marche avant la rue ».

« Si des coupures survenaient, ce serait uniquement à cause d'une mauvaise coordination entre nos différents dispositifs de solidarité », assure Antoine Cuerq, délégué régional d'EDF en Aquitaine. D'ailleurs, le groupe met en avant une politique ancienne en faveur du public défavorisé. Pour les plus modestes, un fonds solidarité logement (FSL) et un tarif de première nécessité (TPN) ont été mis en place. « Les pendules d'EDF et celle de la solidarité fonctionnent en horaires décalés », regrette Jean-Michel Mespoulède. Quand les dispositions législatives donnent environ quarante-cinq jours avant la coupure, il faut en moyenne deux mois pour prendre rendez-vous avec une assistante sociale. Philippe Bénichou, chargé de la relation clients au pôle Sud-Ouest d'EDF, rappelle que « chez les personnes dont le dossier est en cours d'instruction par les services sociaux, on ne coupe pas ». Une affirmation que réfute l'association Droit à l'énergie, qui entretient des contacts réguliers avec les assistantes sociales pour que les paiements soient échelonnés en fonction des ressources réelles des clients. W