Empoisonné par son travail

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Un agriculteur intoxiqué par un pesticide en 2004 - interdit à la vente depuis - veut la reconnaissance du lien, aujourd'hui à la cour d'appel de Bordeaux, entre l'utilisation du produit et la détérioration de son état de santé. Paul François, agriculteur à Bernac (Charente) multiplie les séjours à l'hôpital depuis son intoxication avec le Lasso de la firme Monsanto. « Je n'avais jamais été malade avant », témoignait-il il y a six mois, lors d'une conférence sur l'impact des pesticides. « Aujourd'hui, je suis suivi par trois services médicaux différents. » En première instance, il avait obtenu auprès du tribunal des affaires de sécurité sociale d'Angoulême la reconnaissance du lien entre sa pathologie et son intoxication. L'assurance accidents des exploitants agricoles (AAEXA) avait fait appel. « On a de bonnes chances de gagner », estime François Lafforgue, son avocat. Ce qui, selon lui, serait une première en cour d'appel. Parallèlement, l'avocat a attaqué la firme devant le TGI de Lyon pour « faute » sur « le manque de renseignements sur la dangerosité du produit ». W

O.D.