des Sauternes au goût amer

Orianne Dupont

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En Gironde, 1 000 hectares de surfaces agricoles disparaîtraient chaque année.
En Gironde, 1 000 hectares de surfaces agricoles disparaîtraient chaque année. — E. TRAVERS / SIPA

Une maison de retraite et une aire de passage des gens du voyage au coeur d'un des vignobles les plus prestigieux. L'organisme de défense et de gestion (ODG) Sauternes-Barsac a décidé d'attaquer la délibération du maire, votée fin décembre, au tribunal administratif pour protéger son terroir. Une action soutenue par la Fédération des grands vins de Bordeaux. « Ce projet a été décidé sans concertation et contre l'avis de l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) », s'insurge Yann Le Goaster, directeur de la Fédération. Une affirmation que dément le maire (MoDem) de Barsac, Philippe Meynard : « La concertation s'est tenue entre août et novembre 2009, chacun a pu s'exprimer et un avis favorable et sans réserve a été émis. »

La Fédération des grands vins qui aurait souhaité un tour de table avec d'autres pistes de réflexion pour l'implantation de ces structures souhaite une urbanisation différente. Qui épargne les surfaces agricoles : « Nous ne nous opposons pas à l'urbanisation, mais elle doit se faire dans la continuité du bourg. » Xavier Planty, le président de l'ODG, a des craintes pour l'appellation Barsac, « restrictive et hautement qualitative ». « Si le terroir est bétonné, c'est foutu, on espère faire annuler la décision », insiste-t-il. « En général, l'urbanisation détruit l'activité, c'est ce que nous avons pu constater dans la périphérie de Bordeaux et à Bouliac, où il n'y a quasiment plus de vignes », souligne Yann Le Goaster. En Gironde, selon les professionnels, 1 000 hectares de surfaces agricoles disparaîtraient chaque année. Un exemple est actuellement en marche dans les Graves, bientôt traversés par la future LGV. « On est vigilant pour le devenir de la vigne en aire péri-urbaine », précise la Fédération. W