Une première mission qui laisse des traces

Orianne Dupont

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Il a atterri samedi à Bordeaux, mais dans sa tête, il est encore là-bas. Pour Christophe Urquia, cette première mission depuis qu'il a intégré l'organisation non gouvernementale Secouristes sans frontières (SSF), il y a quatre ans, a été un choc. Mais également un encouragement à continuer. « C'est dur, mais une fois qu'on est là-bas on ne pense plus à rien et quand on rentre ici, on a envie de repartir tout de suite. »

Si les vingt membres de SSF n'ont pu rester que sept jours sur place, leur action n'a pas été vaine. Avec les pompiers haïtiens et l'armée américaine, ils ont sorti une jeune femme des décombres, Hoteline Losana, sept jours après le séisme. Elle était en bonne santé. Un souvenir fort pour Christophe. Le pompier bordelais en parle avec émotion en regardant les photos rapportées d'Haïti : « Elle était au supermarché au moment du séisme et pendant sept jours, elle entendait les bruits de la rue, c'est ce qui lui a permis de tenir car elle se disait qu'on viendrait la chercher. » A peine sortie, elle a pu alerter sa famille pour dire qu'elle était vivante, et le lendemain, elle est rentrée chez elle. Mais pour une personne retrouvée vivante, ce sont plus de cent corps qui ont été sortis des gravats par SSF. Le pompier se dit touché par la tristesse de la population, mais aussi par sa force. « Ils arrivent à se retourner, ils travaillent pour pouvoir manger... »

Depuis, il n'a qu'un objectif : développer la délégation aquitaine de SSF, dont il est le président, et retourner en Haïti pour une action plus durable. « J'ai envie de travailler davantage pour l'association et pour être plus performant sur le terrain. » D'abord, l'équipe aquitaine de cinq personnes prévoit de lancer un appel aux dons (voir encadré), car sur place, SSF a laissé 20 000 euros de matériel. Il faut en racheter pour être prêt à repartir en urgence.

Le jeune président pense également à recruter. « On va laisser passer l'euphorie, confie-t-il, car en ce moment nous recevons des candidatures tous les jours, mais les gens ne se rendent pas toujours compte du travail ». Et d'ici à quelques mois, il aimerait retourner en Haïti pour aider à la reconstruction ou amener du matériel dans les écoles ou les orphelinats. Et revoir les locaux avec lesquels il a gardé contact, comme la rescapée Hoteline Losana. W