Le tracé s'affine, les tensions s'affirment

Marion Guillot

— 

On en sait un peu plus sur les futures lignes TGV du Sud-Ouest. Le champ d'études des dessertes Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse, attendues à l'horizon 2020, est désormais réduit à 1 000 mètres de large. Ces fuseaux, définis hier par le comité de pilotage réunissant les préfets et présidents d'Aquitaine et Midi-Pyrénées, ainsi que les responsables de Réseau ferré de France (RFF), devront être validés en mai par le ministre des Transports. Dans un an, ces couloirs seront ramenés à 500 mètres de large. Mais à mesure que le projet avance, les tensions s'amplifient. Les principaux « points durs » :

G

Vignobles en sursis au sud de Bordeaux Le préfet d'Aquitaine a promis des études plus fines d'ici au mois de mai, afin de limiter au maximum les impacts sur le vignoble des Graves. Dix propriétés sont menacées.

G

Forêt en danger dans les Landes La ligne Bordeaux-Espagne traversera le massif landais. La Sepanso, qui fédère les associations de défense de l'environnement du Sud-Ouest et milite pour l'aménagement des lignes existantes, juge « scandaleux » d'ouvrir « un nouveau corridor ferroviaire, qui saccagerait irréversiblement de nombreuses zones naturelles parmi les plus riches et les plus fragiles de l'Aquitaine ».

G

Inquiétudes au Pays Basque La ligne nouvelle « pourrait être enterrée jusqu'à 60 % », entre la vallée de l'Adour et la frontière espagnole, selon Christian Naudet, responsable des Grands projets du Sud-Ouest (GPSO) chez RFF. Présent hier et opposé au projet, le maire d'Ascain, Jean-Louis Laduche, a exigé la nomination d'un médiateur. Fort d'une étude alternative, il affirme que « la ligne actuelle n'est utilisée qu'à 20 % de ses capacités ». Le Collectif d'associations de défense de l'environnement (CADE) a dénoncé une volonté de « passage en force ». Une grande manifestation est prévue le 23 janvier à Hendaye. « L'Aquitaine ne peut pas rester le cul-de-sac de l'Europe », a quant à lui martelé le président PS de région, Alain Rousset, qui défend « un grand chantier nécessaire ». W

Le détail des tracés sur www.gpso.fr