L'année 2010 s'annonce tendue en Gironde

Orianne Dupont

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« J'aborde l'année avec inquiétude et détermination ». Le président PS du conseil général, Philippe Madrelle, s'est effectivement montré déterminé, hier, à dénoncer les réformes de l'Etat. Pour « expliquer les choses » à la population, il a inauguré un panneau précisant la somme que doit l'Etat à la Gironde pour compenser le transfert des compétences. Le compteur indique, pour l'heure, plus de 149 millions d'euros, et devrait atteindre les 209 millions en mars. « L'Etat est un mauvais payeur et avec les Landes et la Dordogne, nous avons l'intention de l'attaquer en justice », prévient le président. « L'Etat ne doit rien au conseil général, s'insurge Yves d'Amécourt, conseiller général UMP. Les droits de mutation ont justement été créés pour compenser le transfert des charges ».

Autre sujet sur lequel les représentants des deux bords s'accrochent : la réforme des collectivités territoriales. « Il ne faut pas casser le lien entre les élus et les territoires, s'inquiète Philippe Madrelle. S'il n'y a plus de conseil général, qui va financer une station d'épuration dans une ville de 1 500 habitants ? » Il craint, par ailleurs, que cette réforme n'ait un retentissement sur les communes : « Si le département est asphyxié, les communes le seront aussi ». Là encore, l'élu UMP considère les choses sous un autre angle : « Les élus locaux vont être remplacés par des conseillers territoriaux et les cantons vont être redessinés, ce qui sera plus équitable. Alors certes, dans certains cantons, il y aura plus d'habitants pour un conseiller, mais en même temps, la population sera plus proche de la région qu'elle ne l'est aujourd'hui ». A l'approche des régionales, Yves d'Amécourt accuse Philippe Madrelle d'utiliser le budget communication financé par les contribuables « à des fins politiques ». Les élus UMP viennent d'ailleurs de saisir le préfet sur ce point. « Je défends juste le conseil général », s'insurge le président. Il a d'ailleurs appelé la population à signer une pétition sur le web (www.gironde-en-danger.fr) pour le soutenir dans son combat. W