Un refuge pour les femmes qui se retrouvent à la rue

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La situation des familles hébergées est réexaminée tous les sept jours. En pratique, les places deviennent souvent permanentes.
La situation des familles hébergées est réexaminée tous les sept jours. En pratique, les places deviennent souvent permanentes. — P. SAURA / 20 MINUTES

Une personne hébergée en centre sur deux est une femme.

Ce constat a poussé la préfecture à solliciter en urgence le diaconat à ouvrir une maison-relais pour femmes et enfants, début novembre. Depuis, la structure de 19 places est pleine chaque soir. « On voit des femmes et des enfants à la rue. Cela existe depuis 5-6 ans, mais avec la crise, les ruptures et le prix des loyers, ça s'amplifie », explique Philippe Rix.

Les résidentes de la maison Plaisance, à Cenon, ont toutes un parcours différent, mais un point commun : si elles n'étaient pas logées ici, elles seraient à la rue. Expulsée de son foyer, Cécile* dort « à droite, à gauche » depuis deux ans. Au foyer Leydet, notamment, mais « je me suis déjà fait agresser et le matin, à 8 h, on est dehors. La journée, on n'a rien à faire, hormis aller à la gare ou à la bibliothèque, si on aime lire ».

Une autre résidente, accompagnée de ses trois enfants, était jusqu'alors hébergée dans sa famille.

La maison Plaisance leur offre une atmosphère familiale, malgré la simplicité des lieux. A leur arrivée, elles s'engagent à s'investir dans la vie de la communauté. Une contrainte à laquelles elles se plient volontiers. Le soir, alors que « Questions pour un champion » touche à sa fin et que l'odeur du repas s'échappe de la cuisine, tout le monde s'affaire dans la pièce commune. Les unes mettent la table, pendant que les enfants jouent, les autres font tourner une machine à laver... Tout en papotant. Une vie plus reposante, mais forcément temporaire, car au bout de sept jours, il faut faire le point. Qui peut déboucher sur un logement plus stable ou sur un renouvellement du contrat. « La plupart sont là depuis le début », reconnaît Aurélie Lestrade, l'éducatrice qui les aide dans leurs démarches.

A terme, le lieu devrait être pérennisé, à l'image de la maison du Bouscat, ouverte en 2008 dans les mêmes circonstances, et dont les 20 places sont désormais permanentes. W

O. D.

* Le prénom a été modifié.