Le tracé de la lGV dans la ligne de mire des élus de Sud-Gironde

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Bordeaux à une heure dix de Toulouse et une heure de l'Espagne. Réseau Ferré de France (RFF) a communiqué, ces jours-ci, les esquisses des fuseaux de 1000 m de large que suivra la Ligne à grande vitesse (LGV). Le tracé final sera défini à la fin 2011, pour une mise en service à l'horizon 2020. La ligne desservira l'Espagne et Toulouse, soit environ 450 km de voies, pour un investissement compris entre 7 et 10 milliards d'euros.

Si la LGV a de quoi séduire les usagers, les esquisses du tracé ne font pas que des heureux. Au premier rang des protestataires, les communes du Sud-Gironde, qui risquent de voir leur territoire rogné par les voies. « On en a marre, s'enflamme Christian Mansencal, maire (sans étiquette [SE]) d'Escaudes. On a déjà trois lignes de gaz et une autoroute qui passent au niveau de notre commune. Combien allons-nous perdre de terrain ? Ils pourraient dévier la ligne plus au nord. Escaudes sera coupé en quatre, on en a ras-le-bol. » Des propos relayés par Georges Bernard, maire (SE) de Captieux : « On est désespérés, cette ligne va défigurer le territoire. On va se retrouver avec des tranchées infranchissables, un no man's land. On nous parle de nombreux avantages, mais pendant combien de temps allons-nous subir des nuisances ? » La commune de Captieux est doublement touchée, puisqu'elle devrait accueillir un double embranchement (vers l'Espagne et vers Toulouse).

Du côté de RFF, on joue la carte du dialogue. Des réunions de concertations, réunissant élus et services techniques, sont régulièrement organisées. Rien que cette semaine, il y en a 55 au programme. « C'est sûr qu'ils sont venus, mais pour nous dire que le tracé passerait chez nous », proteste Christian Mansencal. Jean Darremont, maire (UMP) de Cudos se veut plus prudent, mais il s'inquiète pour l'environnement : « Pour l'instant, on ne sait pas trop ce que cela va donner mais nous avons une zone boisée avec un ruisseau important. Ce tracé risque d'avoir un impact sur l'environnement, notamment sur les palombières, très nombreuses dans la région. » Et de conclure sur une petite note d'optimisme : « Peut-être qu'à l'avenir, les TER pourront utiliser ces voies et mieux desservir certaines zones. » W

Alexandre Ferrer