La ville veut que l'état siffle le coup d'envoi

Marion Guillot

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Ils espèrent que l'Etat ne mettra pas le grand stade hors jeu. Les élus bordelais, réunis en conseil hier, se sont majoritairement prononcés en faveur d'une participation municipale de 15 millions d'euros. Une dépense jugée démesurée par les groupes Verts et PS, qui ont voté contre. « Le prochain sommet de Copenhague nous invite à moins de gaspillage », a plaidé Pierre Hurmic, chef du groupe des Verts.

Mais à ce jour, rien ne dit que le projet aboutira, car son financement n'est toujours pas bouclé. Evalué à 190 millions d'euros, le futur stade, dont l'installation est prévue avenue de la Jallère, à côté du vélodrome, est aujourd'hui financé à hauteur de 155 millions. La CUB et la région investissent 15 millions, comme la ville. Quant au Football club des Girondins, il pousse l'effort jusqu'à 100 millions. « Le naming [possibilité pour des entreprises privées de faire apparaître leur nom sur l'infrastructure] devrait également rapporter 10 millions », a précisé hier le maire UMP Alain Juppé. Reste donc à lever 45 millions. Le montant de la participation de l'Etat s'avérera déterminant. « J'ai demandé 50 millions », a rappelé hier le maire de Bordeaux. Soit le tiers de l'enveloppe nationale annoncée pour les constructions et rénovations de stades, dans le cadre de la candidature française à l'Euro 2016... Une candidature qui nécessite de proposer neuf villes hôtes et trois en réserve.

Alain Juppé semble néanmoins prêt à négocier : « Si l'Etat donne 30 à 50 millions, on pourra le faire, a-t-il concédé, mais en dessous de 30, on ne passera pas. » La ville est désormais suspendue à la déclaration de Roselyne Bachelot ou de Rama Yade, attendue avant Noël. Dernière inconnue : le choix de l'UEFA, qui dévoilera le pays d'accueil de l'Euro en mai prochain. Pour l'élu Verts Pierre Hurmic, opposé au grand stade, « la main d'Henry a fait reculer nos chances d'être sélectionnés. L'UEFA pourrait choisir un pays plus fair-play ». W