Anciens combattants, eux aussi

Elsa Provenzano

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Le 11-Novembre aété l'occasion de reparler des droits des soldats issus des colonies.
Le 11-Novembre aété l'occasion de reparler des droits des soldats issus des colonies. — P. SAURA / 20 MINUTES

« L'oubli, c'est le second linceul des morts », rappelle Malick Ndaw, président de l'Union des travailleurs sénégalais de la Gironde lors de la commémoration, hier, de la fin de la Première Guerre mondiale. Après le traditionnel dépôt de gerbes, expédié sous une pluie battante, une manifestation était organisée - pour la première fois - à la Teste-de-Buch, au camp du Courneau, qui a accueilli les tirailleurs sénégalais, issus en fait de toute l'Afrique noire.

A l'heure du débat sur l'identité nationale, le consul du Sénégal, Momar Thiam, rappelle que les tirailleurs « ont défendu les valeurs de la République française et ont contribué de manière décisive à la victoire ». Naïma Charai, conseillère régionale en charge de la lutte contre les inégalités, indique que seuls les 60 anciens combattants qui ont présenté une requête devant la justice en 2007 ont bénéficié de la « décristallisation » [revalorisation] de leurs pensions de retraite. Il ne reste plus de poilus, mais 80 000 anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale attendent toujours... « Il faudrait 400 millions d'euros pour rétribuer les anciens combattants étrangers à hauteur de leurs homologues français, soit l'équivalent du bouclier fiscal. C'est alors une question de priorité », ironise Naïma Charaï. W