Elle est poubelle la vie dans l'hypercentre

Marion Guillot

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Des bacs abandonnés par leurs propriétaires place Saint-Pierre, hier midi.
Des bacs abandonnés par leurs propriétaires place Saint-Pierre, hier midi. — C. BLUMBERG / 20 MINUTES

La colère monte dans les quartiers du centre historique. Manifestement, la population n'adhère pas au nouveau système de collecte sélective des déchets mis en place dans l'hypercentre de Bordeaux. Hier soir, Alain Juppé devait faire le point avec les membres du comité citoyen de propreté. Les récriminations s'annonçaient nombreuses.

Le nouveau système, géré par la CUB, supprime peu à peu les bennes collectives, entreposées à l'air libre. Désormais, particuliers et commerçants sont équipés de bacs individuels : un vert pour les déchets recyclables et un gris pour le reste. Ils doivent être descendus dans la rue après 20 h. Après le passage des éboueurs, leurs propriétaires doivent les rentrer le plus tôt possible, sous peine de se voir infliger une amende. Mais leur stockage pose problème, à cause de l'étroitesse des halls d'immeubles. « Ce système convient aux maisons individuelles ou aux grandes entrées bourgeoises, équipées de vastes halls, mais pas à notre quartier », s'insurge un médecin généraliste, installé rue du Pas-Saint-Georges. Dénonçant une situation « aberrante et infecte », et faute de solution collective alternative, ce praticien va « faire appel à une société privée de ramassage des déchets, qui viendra chercher les sacs directement au cabinet ». La grande majorité de la population, en revanche, se débat toujours avec ses poubelles : hier midi, pas moins de seize bacs gris et vert encombraient la place Saint-Pierre. Sans compter les sacs poubelle abandonnés dans les ruelles... « A Saint-Michel, c'est catastrophique, s'alarme une habitante. La mairie et la CUB nous laissent tomber. » Pour Laurent Huet, président de l'association de commerçants Com' à Saint-Pierre, « il aurait mieux valu conserver des bacs collectifs. On aurait pu les enterrer ou les habiller pour qu'ils s'intègrent mieux dans le paysage. » Si le manque de civisme peut expliquer en partie cette surabondance de poubelles, la situation pose un réel problème de salubrité. W