Les savants s'envoient en l'air

Marion Guillot

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Hier,à bord d'un vol parabolique, lancé depuis Mérignac par Novespace.
Hier,à bord d'un vol parabolique, lancé depuis Mérignac par Novespace. — A. LE FLOC'H

Moins coûteux qu'un aller-retour dans l'espace, les vols paraboliques permettent à des équipes scientifiques de travailler en apesanteur, sans quitter l'atmosphère terrestre. Organisés depuis l'aéroport de Mérignac par la société Novespace, filiale du centre national d'études spatiales (CNES), ces vols se déroulent à bord d'un A 300 Zéro G. Depuis 1997, six à sept campagnes ont lieu chaque année. La 80e, programmée jusqu'à demain, a débuté hier.

En trois jours, quatorze expériences seront menées dans des domaines aussi variés que la physique des fluides, la recherche biomédicale, la chimie ou les nanotechnologies. Une équipe étudiera par exemple la perte de masse musculaire chez les personnes en situation d'apesanteur. Objectif : mieux comprendre le phénomène de dégénérescence des fibres musculaires constaté chez les plus de 80 ans. D'autres scientifiques s'intéresseront aux effets de l'absence de gravité sur le système immunitaire : « On veut savoir si les astronautes ont plus de risques de contracter des infections », précise Jean-François Clervoy, astronaute de l'Agence spatiale européenne et PDG de Novespace. Les heureux élus, sélectionnés par les agences spatiales du monde entier, planeront dans un laboratoire de 20 x 5 m (les sièges de l'avion ont été retirés) capitonné de mousse. Ils devront avoir l'estomac bien accroché : « Pour recréer l'apesanteur, l'avion suit une trajectoire sinusoïdale, comme sur des montagnes russes, poursuit-il. A bord, c'est comme si on était dans le vide pendant 22 secondes » Des loopings qui resteront invisibles aux Terriens puisqu'ils sont effectués au-dessus de l'Océan atlantique. W