Les studios la jouent en équipe

Thibault Liessi

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Ni champ de pâquerettes, ni champ de mine, mais entente cordiale. Le milieu bordelais du jeu vidéo, qui compte aujourd'hui une vingtaine de sociétés, se développe main dans la main. Pour David Dedeine, cogérant d'Asobo Studios, « on peut dire qu'il y a une charte de non-agression tacite entre nous ». Un fait qui tient des spécificités de chacun : Asobo Studios fait du jeu sur consoles, BeTomorrow des applications pour les mobiles, Internet et la télévision. Son application gratuite pour iPhone, « Où sont les toilettes ? », a été téléchargée plus de 200 000 fois. « Il y a une vraie dynamique sur Bordeaux, car les gens se connaissent et ont tous leurs spécialités », raconte Sylvie Clin, cofondatrice de cette dernière société. Ces deux entreprises et d'autres, comme SC2X, ont été fondées par des anciens employés de Kalisto, premier studio d'importance sur Bordeaux, avant un dépôt de bilan en 2002. Plus que des bons liens, ce passé commun a permis la création en juin 2007 de l'association Bordeaux Games. « Notre mission est de favoriser la compétitivité et de donner une visibilité nationale et internationale à nos membres », explique Noëlle Béronie, chargée de mission au sein de l'association. « Nous aidons nos membres à obtenir des aides, comme le crédit d'impôts jeu vidéo, ou à répondre aux appels d'offres en commun ».

Pour les studios, travailler ensemble est un vrai plus : « Pour le jeu "Fuel" (300 000 copies vendues dans le monde et récompensé pour ses graphismes au dernier festival du jeu vidéo à Paris), BeTomorrow nous a prêté deux ingénieurs pour la partie réseau », précise David Dedeine. « Ces partenariats sont indispensables car ils apportent de la flexibilité. Quand on sait que les jeux comme "Fuel" sont durs à réaliser en France, pouvoir le faire ici est une fierté. » W