Les négociations restent au point mort

Alexandre Ferrer

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Après deux jours de mobilisation, les cheminots du fret SNCF ont enfin rencontré la direction. Arrivés mercredi de Bayonne, Hendaye et Bègles, ils pro­testent contre le Plan fret, qui prévoit la fermeture de trois sites et la création de filiales. Des mutations qui engendreraient la suppression de 65 postes dans la région.

Les personnels avaient décidé d'occuper les locaux de la direction fret Atlantique à Bordeaux jusqu'à obtenir un entretien avec le directeur Pierre Boutier. « Il faut savoir que depuis qu'il est en poste, depuis environ un an et demi, personne ne l'a jamais vu », avançait Peio Dufau, représentant CGT.

Mercredi soir, une cinquantaine de salariés ont donc choisi de passer la nuit dans les bureaux « déterminés à occuper les locaux jusqu'à être reçus ! » Rejoints par d'autres collègues de Bordeaux, les cheminots ont obtenu gain de cause hier, en fin de matinée. Après une entrée fracassante, « je n'ai pas peur d'être séquestré ! », Pierre Boutier s'est présenté seul face aux employés pour un échange musclé. Arguant d'un contexte économique de crise et d'une nécessaire refonte du système de fret, le directeur est resté campé sur ses positions. Tout en écoutant les revendications des cheminots. Les syndicats n'ont rien cédé non plus : « Nous avons décidé de couper court, puisqu'on avait affaire à un mur, déclare Peio Dufau. Mais nous sommes déjà satisfaits d'avoir rencontré le directeur. Maintenant, nous allons reprendre le travail et monter une association pour continuer le combat et maintenir la pression. » De son côté, la direction assure qu'elle ne procédera à « aucun licenciement du personnel, qui a la garantie de l'emploi et sera reclassé sur d'autres postes ». W