Bordeaux en tête de l'art contemporain

Julie Millet

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Avec cinq galeries sélectionnées par la Fiac et les autres foires de Paris, Bordeaux se place en tête des villes de province. « Au milieu de grandes filles blondes, une petite brune qui louche. Mais c'est la seule dont on se souvient. C'est pareil pour Bordeaux », explique Thomas Bernard, directeur de Cortex Athletico, l'une des deux galeries bordelaises présentes sur la Foire internationale d'art contemporain (Fiac), jusqu'au 25 octobre à Paris. La métaphore est pour le moins conceptuelle.

« Aujourd'hui, toutes les galeries se sont regroupées dans les grandes métropoles comme Berlin, Amsterdam ou New York. Notre choix de se positionner sur l'échiquier international en ayant notre camp de base à Bordeaux a été une incongruité », raconte Thomas Bernard, qui a créé sa galerie en 2003. Depuis, plusieurs confrères de niveau international se sont installés, comme ACDC, également présente à la Fiac. Aymeric Ducreux, l'un des associés, hésitait entre Berlin et Bruxelles. « Nous avons choisi Bordeaux parce qu'on a senti que tous les acteurs culturels avaient la volonté de défendre leur territoire vers l'extérieur. Sans faire de régionalisme. »

La présence du musée d'art contemporain, le dynamisme reconnu du Fond régional d'art contemporain (Frac) Aquitaine, l'association de promotion de l'architecture Arc en rêve, une excellente école d'art, un tissu associatif dense constituent les atouts de la ville, sans parler des prix locatifs... Les Bordelais seraient aussi connaisseurs en art contemporain. « Lors des expositions, nous avons beaucoup de public, mais peu d'acheteurs. Mais cela nous permet de proposer des choses plus expérimentales », constate Thomas Bernard. Tous ces galeristes affichent le même âge. Ces trentenaires dégagent la même énergie à promouvoir leur ville. « Cette ambiance frileuse nous a donné une certaine hargne pour faire avancer les choses », explique Nadia Russell, de Tinbox, présente sur le off de la Fiac, le Slick. Les politiques prennent conscience de ce potentiel, en les aidant financièrement. « Bordeaux est un terrain d'incubation, quand l'offre sera plus large, elle deviendra une ville centrale en matière d'art contemporain », prédit Thomas Bernard. W

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