Les jeunes reviennent s'installer à Belcier

Stéphanie Lacaze Photos : Caroline Blumberg

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Le quartier,à cinq minutes du centre-ville en tram, est en pleine rénovation.
De nouveaux logements vont sortir de terre sur l'îlot d'Armagnac (au centre)
et la population, notamment celle de la rue Delacroix (en bas), s'est rajeunie.
Le quartier,à cinq minutes du centre-ville en tram, est en pleine rénovation. De nouveaux logements vont sortir de terre sur l'îlot d'Armagnac (au centre) et la population, notamment celle de la rue Delacroix (en bas), s'est rajeunie. —

Un quartier au coeur du réaménagement urbain. Longtemps délaissés, souffrant d'une mauvaise réputation, Belcier et Carle Vernet connaissent une vraie révolution. « A l'origine, ce sont des quartiers ouvriers qui n'ont été rattachés que tardivement à Bordeaux », rappelle Alain Moga, l'élu municipal en charge du secteur. Avant l'arrivée du tram, les gens se sentaient exclus. Ils disaient "je vais à Bordeaux", alors qu'ils étaient Bordelais », se souvient-il.

Mais depuis deux ans, les deux quartiers se sont rapprochés et ne forment plus qu'une seule entité reliée au centre-ville en cinq minutes par le tramway. S'ils se sentent désormais vraiment intégrés à la métropole, les habitants de Belcier ont également vu leur paysage se transformer. Michel Guillaume a acheté sa maison il y a dix-huit ans, rue Delacroix, « pour une bouchée de pain ». Il a vu la population vieillir et le secteur se vider de ses habitants. « Il y a dix ans, l'école a failli fermer. Il ne restait plus que deux classes. Mais depuis, énormément de logements ont été construits et le coin se rajeunit », observe ce jeune retraité qui note avec plaisir l'évolution de son quartier, même s'il regrette l'absence de commerces de proximité. Alain Moga reconnaît qu'il manque une supérette, qui éviterait aux habitants d'aller jusqu'au centre commercial de Rives d'Arcins. Mais il est persuadé que les futurs logements et équipements qui vont voir le jour sur l'îlot d'Armagnac vont attirer des commerces. Cette vaste friche appartenait à Gironde habitat, qui y a installé son siège social. Puis la SNCF a construit un hôtel pour ses « roulants », les conducteurs et contrôleurs qui doivent passer une nuit à Bordeaux avant de repartir. D'ici à quelques mois, de nombreux autres projets vont sortir de terre sur cet îlot. Plusieurs immeubles de logements, dont l'un conçu par Jean Nouvel, sont en construction. Ils favorisent tous la mixité sociale avec une résidence étudiante, des appartements en location et d'autres en accession à la propriété. Un point noir préoccupe tout de même élus et habitants : la prostitution est toujours aussi présente et visible dans le quartier, indissociable du marché d'intérêt national de Brienne. W