Elle avait organisé son rapt

Orianne Dupont

— 

La jeune femme aécopé d'un mois de prison avec sursis et 1 500 euros d'amende.
La jeune femme aécopé d'un mois de prison avec sursis et 1 500 euros d'amende. — C. BLUMBERG / 20 MINUTES

Une jeune femme à l'imagination débordante rejetée par son petit ami. C'est ainsi qu'a débuté l'histoire de l'enlèvement truqué à Bordeaux, ce week-end. Elle s'est achevée hier par un mois de prison avec sursis pour la fausse victime, avec une mise à l'épreuve de cinq ans et 1 500 euros d'amende pour dénonciation de délit ou crime imaginaire.

Sofia avait tout prévu, sauf sa condamnation. Samedi, la Floiracaise de 21 ans a demandé à des amis de l'emmener à Marmande, s'est fait ligoter les mains, mettre dans un sac-poubelle et abandonner sur un trottoir dans la cité de son ex-petit ami. Le chauffeur, qui ignorait toute cette manigance, a été le premier à être interpellé et à lever le voile sur cette mise en scène. Au tribunal, la jeune femme a tenté de s'expliquer : « Je me suis fait agresser en juillet et on m'a dit que c'était Mohammed [son ex-petit ami]. Je voulais qu'il le reconnaisse. » Cette version n'a pas convaincu le procureur, qui pense plutôt à une invention destinée à attirer l'attention du Mohammed en question. Une lettre où il était stipulé que Sofia n'avait plus beaucoup de temps à vivre avait d'ailleurs été déposée à côté du sac dans lequel elle se trouvait. « Vous savez ce qu'est le plan Epervier [déclenché ce week-end] ? Ce sont des gens qui lâchent toutes les autres enquêtes pour se pencher sur une affaire », s'insurge le procureur. Pendant l'audience, Sofia ne s'est pas démontée et a maintenu sa version sans paraître réaliser la situation. « Sous l'emprise de médicaments, elle n'avait pas conscience de ce qu'elle faisait, c'est quelqu'un de fragile », l'a défendue son avocate. Les médecins ont ajouté une forte tendance à l'affabulation. W