Anticiper le virus pour ne pas gripper la machine économique

Benoît Martin

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L'activité doit continuer sans faiblir.
L'activité doit continuer sans faiblir. — P. SAURA / 20 MINUTES

« Il serait dommage de perdre des points de croissance à cause de la grippe A », a déclaré, hier, Dominique Schmitt, préfet de la région. Il a rappelé la nécessité pour toutes les entreprises, même les très petites, d'établir un « plan de continuité d'activité ».

Crise sanitaire avant tout, une pandémie de grippe A peut se transformer en crise économique. En effet, les scénarios les plus pessimistes évoquent 30 à 40 % de Français affectés par le virus sur trois mois. Autant de salariés obligés de rester sous la couette. Les grandes entreprises ont les reins assez solides pour assumer la poussée de fièvre. Plusieurs centaines de salariés, managés par des services spécifiques, facilitent l'organisation du travail. Pour les PME-PMI, la gestion de la pandémie risque d'être plus délicate. Or, en Aquitaine, 97 % des entreprises comptent moins de cinquante salariés. Et 83 %, moins de dix. Depuis juillet, l'administration a incité toutes les sociétés de la région à anticiper les risques, en repérant, par exemple, les fonctions indispensables à la bonne marche de l'entreprise. Et celles qui peuvent être interrompues ou effectuées à distance. Julien Alauzet, gérant d'une entreprise de plomberie de dix salariés, n'a jamais entendu parler du plan de continuité : « On verra le moment venu, ce sera pareil qu'en vacances. La boîte peut tourner à 50 % de son effectif, sans baisse de chiffres d'affaire. » A contrario, Michel Pinaud, directeur d'une maison de retraite à Bordeaux, a déjà rédigé son plan, après consultation des trente-quatre salariés : « On est globalement prêts. Notre point de faiblesse est le grand nombre de jeunes salariés avec enfants. Il s'agit de lister qui peut faire garder ses enfants ou avoir une polyactivité. » Avec ou sans plan, dans les deux cas, l'activité ne devrait pas faiblir. W