« Le but est de faire une université nouvelle »

Recueilli par Orianne Dupont

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Que va apporter cette nouvelle année universitaire ?

Alain Boudou : L'opération Campus nous a permis d'être sélectionnés parmi les six meilleurs projets. Nous avons donc dégagé une feuille de route pour l'avenir de l'université en matière d'immobilier et de formation. Le but est de faire une université nouvelle avec une réorganisation de la formation, des pôles d'excellence en recherche, une collaboration à l'international...

Le projet est effectivement ambitieux, mais les inscriptions ont-elles suivi cette année ?

Nous observons une augmentation du nombre d'étudiants (de l'ordre de 5 %). A cause des mouvements du printemps, on aurait pu craindre l'inverse. Mais le ministère demande surtout des données en terme de performance : combien d'étudiants passent les examens ? Combien trouvent un travail après ?

Qu'en est-il ?

Nous avons mis en place des mesures d'encadrement qui peuvent faire monter le taux de réussite de 10 à 15 %. Nous devons gommer l'image négative de la faculté que beaucoup de gens ont. Ce n'est plus l'université d'antan avec des étudiants livrés à eux-mêmes. Et aujourd'hui, il n'y a pas que les écoles d'ingénieurs pour les bons étudiants. On peut réussir une bonne carrière, sortir de l'université avec un emploi et un salaire dignes de ce nom (selon l'observatoire régional des parcours étudiants aquitains, 82 % des répondants titulaires d'une licence pro travaillent trente mois après l'obtention du diplôme).

La fac est donc devenue professionnalisante ?

Nous avons multiplié les formations pro et nous sommes en train de développer l'apprentissage. Cette année, nous allons mettre en place un Centre de formation des apprentis (CFA) du Pres, (Pôle de recherche et d'enseignement supérieur), la formation continue et la formation à distance.

C'est toute la vie du campus que vous souhaitez redynamiser ?

Sur le campus Talence-Pessac-Gradignan, il n'y a pas de politique d'aménagement pour mettre l'université dans la ville, ou le contraire. Pourtant, les étudiants représentent plus de 10 % de la population de la CUB. Nous n'avons pas l'esprit campus, mais nous pouvons le recréer avec l'implantation de lieux de vie et de logements, à l'image des campus nord-américains. W